À l’évidence, toutes les femmes doivent quelque chose au féminisme : le droit d’étudier, le droit de vote, le droit de travailler sans l’accord de qui que ce soit, père ou mari, le droit à la contraception et à l’avortement… Ces gains de liberté ont façonné nos vies. Cette situation produit une difficulté pour qui veut tenir une position critique. La dette étant évidente, toute dissidence a l’air d’une ingratitude.

Les prolétaires qui n’étaient pas communistes rencontraient la même difficulté à l’égard des membres du Parti chaque fois qu’ils bénéficiaient des augmentations, des réformes ou des conventions collectives que les communistes, actifs au sein du syndicalisme ouvrier, arrachaient au patronat. Jouir de telles avancées sans pour autant se rallier, engranger des avantages en résistant à la doctrine, cela donne l’air douteux des passagers clandestins : ceux qui profitent sans payer les frais.

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