L’essentialisme racial peut compter sur un nouveau représentant de taille. Tollé aux Etats-Unis! Le 22 mai, l’ancien vice-président américain, Joe Biden, a dit à un animateur de radio afro-américain qu’il n’était pas vraiment «Noir» s’il votait pour Donald Trump à la prochaine élection présidentielle.


La déclaration du candidat démocrate est devenue en quelques secondes l’objet de toutes les railleries.

«Vous n’avez plus de questions? Je vais vous dire, si vous avez un problème à décider si vous êtes pour moi ou pour Trump, alors vous n’êtes pas Noir», a laissé tomber Biden dans la populaire émission new-yorkaise The Breakfast Club, en s’adressant au co-animateur, le dénommé Charlamagne Tha God.

#BidenIsRacist

Alors que des partisans de Trump accusent Biden d’être carrément raciste, ces derniers sont accusés par leurs adversaires d’hypocrisie et surtout, de nier le « racisme systémique ».

«Cette crise expose au grand jour le racisme institutionnel qui prévaut encore dans notre société», affirmait Biden dans la même émission.

Sur Twitter, le mot clic #BidenIsRacist a été l’un des plus publiés en Amérique du Nord dans la journée du 22 mai.

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L’homme de 77 ans a beau s’être vite rétracté, sa déclaration a de quoi raviver les tensions dans un pays durement touché par le Covid-19 et déjà très divisé en clientèles économiques et raciales. En proportion, les communautés noires ont été beaucoup plus frappées que les communautés «WASP» par le virus, un sujet très sensible au pays de l’Oncle Sam. Cette réalité n’empêche pas des dizaines de milliers d’Afro-américains de continuer à soutenir Trump, malgré une baisse des appuis de la communauté noire en sa faveur, selon ce que rapportent les médias.

L’antiracisme dévoyé

Si la déclaration de Biden pourrait lui faire perdre bien des appuis, elle est surtout révélatrice d’un courant antiraciste jouant plus que jamais la carte de l’enfermement communautaire. Un courant pour qui la race détermine une grande partie de la réalité d’un individu jusqu’à ses préférences politiques.

Après l’assignation à résidence identitaire, l’assignation à résidence électorale?

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