Si la réalité dépasse parfois la fiction, c’est que la fiction précède souvent la réalité. La littérature prévoit l’avenir. Cette chronique le prouve.


Le coronavirus a, c’est le moins que l’on puisse dire, fait réapparaître des peurs qui ne datent pas d’hier. Dans La Peste de Camus, le docteur Rieux constate d’ailleurs : « Les fléaux sont une chose commune, mais on croit difficilement aux fléaux lorsqu’ils vous tombent sur la tête. Il y a eu dans le monde autant de pestes que de guerres. Et pourtant pestes et guerres trouvent les gens toujours aussi dépourvus. » Le docteur Véran, ministre de la Santé, dont on espère qu’il sera aussi efficace que Rieux dans un Oran au stade 3, refuse d’admettre cette impréparation et, par exemple, dans un tweet du 21 mars, il déclare sans trembler : « Nous avons mis en œuvre tous les moyens pour augmenter notre stock de masques. »

Covid-19 et Grèce antique

Il n’empêche, l’inconscient collectif se souvient et s’inquiète. Thucydide, au Ve siècle avant J.-C., donne un des premiers récits d’épidémie : « La maladie, impossible à décrire, sévissait avec une violence qui déconcertait la nature humaine. Voici qui montre combien elle différait des épidémies ordinaires : les oiseaux et les quadrupèdes carnassiers ne s’attaquaient pas aux cadavres pourtant nombreux, restés sans sépulture […]. » Nous n’en sommes pas là, mais la propagation du virus rappelle c

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Avril 2020 - Causeur #78

Article extrait du Magazine Causeur

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