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François Asensi ou l’art d’être maire

“Et pourtant communiste !”, Télémaque, 2026


François Asensi ou l’art d’être maire
François Asensi, août 2026. D.R.

Fils de Républicains espagnols, François Asensi a été pendant trente-six ans député et maire de Tremblay-en-France, en Seine-Saint-Denis. En 2023, il a été classé parmi les dix meilleurs élus locaux du monde. Dans un récit autobiographique, il raconte son parcours. Passionnant !


« François Asensi est un de ceux qui font beaucoup pour l’intérêt général tout en étant aux petits soins auprès de chacun, qu’il défend et protège vraiment de son mieux. » C’est en ces termes que s’exprime Fabien Roussel à propos de son ami François Asensi, fils de Républicains espagnols, député et maire de Tremblay-en-France, en Seine-Saint-Denis, pendant trente-six ans ; membre de la direction nationale du Parti communiste français, il a été élu secrétaire, à l’âge de 34 ans, de la plus importante fédération communiste du pays, avant d’en être limogé en 1985. Après ce limogeage qui, on s’en doute, fut douloureux, ne serait-il plus communiste ? Point ! Au contraire, pourrait-on dire. En compagnie du journaliste et écrivain Valère Staraselski (lui-même auteur au printemps dernier d’un très bon roman, Les passagers de la cathédrale, paru aux éditions du Cherche-Midi), il sort aujourd’hui un remarquable récit autobiographique qui annonce la couleur et le confirme avec style et panache : Et pourtant communiste ! (éd. Télémaque).

L’un des dix meilleurs maires du monde !

François Asensi ne cache rien ; il raconte sa vie, ses combats. Né le 1er juin 1945 à Santander, en Espagne, d’un père tailleur de pierre et d’une mère ouvrière spécialisée, il rend un vibrant hommage à ces derniers. Son père, arrivé en France à l’âge de 18 ans, rejoindra les Brigades internationales jusqu’à leur dissolution et même au-delà. Il évoque son enfance dans le quartier populaire du Landy entre les villes de Saint-Denis et d’Aubervilliers, sa pratique du sport notamment au sein de la Fédération sportive et gymnique du travail (FSGT). « Mes parents, militants syndicalistes communistes, étaient des adeptes du sport travailliste », écrit-il. Il y évoque aussi la rencontre avec Marie-Françoise, lors d’un voyage à Prague (il a 17 ans, elle en a 15 ; « la femme de ma vie »), et celle de sa tante maternelle Angèle Martinez Koulikoff, résistante à 17 ans, déportée dans des conditions épouvantables. Toutes ces expériences, ces épreuves font de François un antifasciste qui, dès 16 ans, effectue ses premiers pas de militant, en particulier contre la guerre d’Algérie. Il adhère à la Jeunesse communiste dont il prendra la direction nationale, poste qu’il quittera en 1975 pour devenir premier secrétaire de la fédération de Seine-Saint-Denis, puis suppléant du président du groupe communiste à l’Assemblée nationale, Robert Ballanger, qui, selon lui « avait la dimension d’un homme d’État. » 

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Il ne cache pas les difficultés rencontrées, les déceptions au sein même de son camp, et le soutien indéfectible de Jack Ralite à son endroit. Au fil des pages, on suit non seulement un parcours exemplaire, mais aussi un destin. Celui d’un élu national mais aussi et surtout d’un élu local, adepte de « la démocratie en première ligne ». François Asensi deviendra maire de Tremblay-en-France le 7 avril 1991. Et quel maire ! Il ne cessera d’exercer son pouvoir en agissant pour l’écologie (Tremblay est une ville superbement verte) et la justice sociale. Un maire qui, quand il se balade dans les quartiers, est accosté par des jeunes qui l’interpellent et lui disent : « Bravo pour ce que vous faites pour nous, Monsieur le maire ! ». Un maire qui, en 2023 sera classé, par la fondation The City Mayors, parmi les dix meilleurs maires du monde. Ce récit autobiographique est éclairant et souvent émouvant car c’est celui d’un homme issu « des ruisseaux d’Aubervilliers » qui toujours, a su mettre en avant l’intérêt général et le collectif. Ça devient si rare à notre époque.

François Asensi (avec Valère Staraselski), Et pourtant communiste !, Télémaque, 2026, 247p.

Et pourtant communiste !

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Il a publié une vingtaine de livres dont "Des Petits bals sans importance, HLM (Prix Populiste 2000) et Tendre Rock chez Mille et Une Nuits. Ses deux derniers livres sont : Au Fil de Creil (Castor astral) et Les matins translucides (Ecriture). Journaliste au Courrier Picard et critique à Service littéraire, il vit et écrit à Amiens, en Picardie. En 2018, il est récompensé du prix des Hussards pour "Le Chemin des fugues".

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