Le procès des attentats de janvier 2015 (contre Charlie Hebdo et à l’Hyper Cacher) a livré son verdict. Pour beaucoup de familles, c’est la fin d’un procès douloureux mais indispensable.


Dans le cadre de ce procès historique, la cour d’assises spéciale de Paris a prononcé plusieurs condamnations. Certains accusés ont été jugés par défaut, parmi eux Mohamed Belhoucine et Hayat Boumeddiene. Le premier, soutien logistique du terroriste Amedy Coulibaly, est condamné à perpétuité. La seconde, ex-compagne d’Amedy Coulibaly, est condamnée à 30 ans de réclusion assortie d’une période de sûreté des deux tiers.

Sur les 11 présents à l’audience, seulement quatre d’entre eux sont condamnés pour association de malfaiteurs à visée terroriste

Ali Riza Rolat, reconnu coupable d’association de malfaiteurs terroriste (AMT) et condamné à 30 ans de réclusion criminelle, fera appel de cette décision. Les trois autres condamnés pour AMT sont: Willy Prévost (13 ans de réclusion), Nezar Pastor Alwatik et Amar Ramdani (respectivement 18 ans et 20 ans, assortis d’une période de sûreté des deux tiers).

Cependant, pour sept d’entre eux, la cour d’assises n’a pas retenu la qualification terroriste. Sont ainsi condamnés pour association de malfaiteurs (ADM) : Christophe Raumel (condamné à 4 ans de prison), Michel Catino (5 ans de prison), Miguel Martinez (7 ans), Saïd Makhlouf (8 ans), Mohamed Farès (8 ans), Metin Karasular (8 ans), Abdelaziz Abbad (étant récidiviste, il est condamné à 10 ans de réclusion criminelle).

À quand la fin du déni?

Richard Malka, avocat de Charlie Hebdo, a réagi à la fin de ce procès: « C’était le procès d’une nébuleuse de personnes plus ou moins proches des terroristes, ayant fourni plus ou moins d’aide à ces terroristes. Ce que dit cette décision, c’est que sans cette nébuleuse, il n’y a pas d’attentat, sans la nébuleuse il n’y a pas de terrorisme et que toute personne qui participe à cette nébuleuse peut être sanctionnée très sévèrement. C’est nécessaire au regard de notre société et du pays et j’espère que ce message sera entendu. » Richard Malka, qui est également l’avocat de Mila, s’est par ailleurs défendu de s’attaquer à l’islam: « Ce danger est subi d’abord par les musulmans, qui en sont les principales victimes. Il faut distinguer l’islamisme qui est une dérive politique. »

A lire aussi, Elisabeth Lévy: Charlie Hebdo, combien de divisions?

Sur Sud Radio ce matin(1), Élisabeth Lévy a réagi à ce verdict – qui « a rendu vie aux victimes et permis aux survivants, aux rescapés, de partager la douleur et l’effroi » – avant de revenir sur la notion de « séparatisme ». La directrice de la rédaction de Causeur réaffirme que ce processus ne concerne pas une minorité isolée, mais reste avant tout « une conquête des esprits qui persuade de jeunes Français que les Français sont des mécréants ». Elle ajoute qu’il est difficile de distinguer islam et islamisme: « On n’est pas islamiste ou musulman. On peut être un peu des deux selon les sujets et selon les moments ».

Alors, restons-nous dans le déni?

Certes, « les lignes politiques ont bougé », mais la directrice de la rédaction de Causeur nous met en garde contre « les emballements lyriques » qui « préludent souvent aux capitulations ». Élisabeth Lévy rappelle qu’« on nomme l’ennemi, avec des noms changeants, mais on a du mal à le regarder en face » et conclut qu’ « il devient compliqué d’inviter nos concitoyens à rejoindre pleinement une culture dont nous ne savons plus ce qu’elle est ».

Causeur vous propose de visionner l’intégralité de son intervention:

Retrouvez le regard libre d’Elisabeth Lévy du lundi au vendredi à 8h15 sur Sud Radio.

Lire la suite