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Ces économistes qui tirent la sonnette d’alarme

Ces économistes qui tirent la sonnette d’alarme
Le Prix Nobel d'économie 2014 et président de la Toulouse School of Economics Jean Tirole a participé au Sommet du Bien Commun à l'Université Toulouse 1 Capitole le 20 mai 2022 © VALENTINE CHAPUIS / AFP

Ils sont cinq et ne sont pas spécialement anti-Macron. Ce sont juste des experts renommés et très bien placés pour savoir la vérité sur l’état réel de la France.


Commençons par Jean-Marc Daniel. Polytechnicien comme Élisabeth Borne, professeur émérite à l’ESCP Business School, il n’y va pas de main morte : « Macron est passé de la social-démocratie à la social-médiocratie », a-t-il déclaré au Point le 26 avril. Il faut augmenter, selon lui, le volume du travail dans l’économie, par exemple en « supprimant des jours fériés », ajoutant qu’il faudrait aussi « lancer un plan de privatisations » et faire sortir l’État « progressivement d’Engie, de Renault, d’EDF, de la SNCF et de la RATP ».

Pour lui, « lorsque l’État tire des chèques, il ne distribue pas de pouvoir d’achat. Cela revient à prendre du pouvoir d’achat aux uns pour le donner aux autres. Soit il finance ses largesses par des hausses d’impôts, soit il creuse la dette et prend du pouvoir d’achat aux générations futures ». Jean-Marc Daniel supporte assez mal la propagande de nos politiciens sur la réduction du chômage, lequel « a beaucoup baissé [mais] grâce au subventionnement massif de l’apprentissage. C’est de l’emploi public déguisé, l’équivalent de travaux d’utilité collective. »

La France a décliné dans presque tous les secteurs industriels

Trois autres économistes de très haut niveau, Jean Tirole, Christian Gollier et Philippe Aghion, réunis à Toulouse à l’occasion du « Common Good Summit » (Sommet du bien commun) organisé par Les Échos et Challenges, ont eu l’occasion de se positionner sur le thème : que peut faire Macron face aux défis qui attendent la France ? Jean Tirole, prix Nobel d’économie, a vertement critiqué les projections du Conseil d’orientation des retraites (COR), sur lesquelles semble s’appuyer la politique du président en la matière. « Elles sont trop optimistes » et même « très dangereuses », a-t-il ajouté.

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Christian Gollier est le directeur général de la Toulouse School of Economics présidée par Jean Tirole. Pour lui, « on ne peut pas dépenser à tout-va. Il faut revenir à la réalité financière » car « il faudra rembourser cette dette ». Quant à Philippe Aghion, actuellement professeur au Collège de France et à la London School of Economics, ancien professeur à Harvard, il plaide clairement pour une augmentation de la durée de cotisations en matière de retraite et estime que « mis à part dans le nucléaire, l’aéronautique et le luxe, la France a décliné dans tous les secteurs industriels depuis le milieu des années 1990. »

Espérer qu’Emmanuel Macron « arrête de mentir »…

Après ces quatre mousquetaires de l’économie, voici le cinquième, le plus véhément : Jean Peyrelevade. C’est un ancien banquier qui a cumulé Polytechnique et Sciences Po, ce qui est plutôt rare. Aujourd’hui à la retraite, il a gardé une chronique mensuelle aux Échos et, le 4 mai dernier, il s’est véritablement déchaîné. Pour lui, nous en sommes arrivés en France à espérer qu’Emmanuel Macron « arrête de mentir au peuple comme il le fit pendant le quinquennat précédent ainsi que pendant la campagne électorale qui vient de s’achever ». Et il ajoute ces mots pour le moins acerbes : « Passer sous silence l’ampleur des difficultés qui nous attendant et prétendre que les problèmes seront résolus sans efforts particuliers, c’est mentir par démagogie et affaiblir notre démocratie. » Concernant l’inflation, il est très sévère : « Elle devra être payée, d’une manière ou d’une autre, sur nos ressources propres. Prétendre le contraire est se moquer du monde. »

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Peyrelevade, très énervé, conclut ainsi sa chronique : « Comment peut-on dire aux Français qu’on va rétablir les finances publiques sans difficulté, mais en 2027 seulement, c’est-à-dire pour le quinquennat suivant ? […] L’état des finances publiques est tel que l’impôt va devenir le seul moyen de financement de l’investissement public. Or Emmanuel Macron a promis, de façon totalement irresponsable, d’alléger la fiscalité générale. Voilà pourquoi, ayant voté pour lui le 24 avril dernier, je suis immédiatement devenu, dès sa réélection acquise, un opposant déterminé. » Il est vrai qu’être amené aujourd’hui à gérer le triple dossier de notre monstrueux déficit commercial de 100 milliards d’euros sur un an, de nos fastueuses dépenses publiques (près de 60 % du PIB) et de nos dettes sans fin (3 000 milliards d’euros dès cette année) est un enjeu quasi impossible à tenir. Mais, à qui la faute ?


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Journaliste et entrepreneur

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