L’écologie est le combat de ma vie. Mais celle qui est promue par les pouvoirs publics n’a aucune chance de régler les problèmes de la Terre. Elle fait prendre des risques sociaux et économiques inutiles aux populations.


Il arrive que le militant mécontent renvoie sa carte au parti qui l’a trahi. J’ai parfois envie de rendre la mienne à « l’Ecologie » qui est pourtant le combat de ma vie. J’étouffe dans mon gilet vert à cause du changement climatique ! Pourquoi ? Parce que celui-ci est devenu le seul horizon de l’écologie ! Le vaste domaine de l’environnement a été mis en coupes réglées ces dernières années pour répondre à un unique objectif : lutter contre le CO2. Ce n’est pas sans conséquence : si celui-ci est un des gaz de la vie, il pourrait devenir mortel pour cette noble cause qui a mis si longtemps à s’imposer.

Aucune certitude ne guide l’action des politiques

Contrairement à ce qui est présenté dans la plupart des grands médias, il n’y a pas d’abord de vérité scientifique sur le sujet de l’évolution du climat et de ses possibles causes anthropiques. L’écologiste que je suis et qui n’avait jamais songé à remettre en cause les conclusions du Groupe Inter-Gouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC), a été récemment ébranlé par la découverte du mouvement des « climato-réalistes ». Derrière eux ne se cache aucun lobby et la critique qu’ils opèrent de la thèse officielle n’est pas irrationnelle ; elle est argumentée. Ils démontrent que des raisons naturelles peuvent expliquer les modifications du climat et que la présentation des « faits » par les instances gouvernementales et les médias ne relève pas toujours, loin s’en faut, d’un traitement objectif.

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J’ignore aujourd’hui qui a tort ou raison. En revanche, je suis convaincu qu’il existe des incertitudes non négligeables sur les causes et sur les conséquences des évolutions climatiques récentes. Ce n’est donc plus, selon moi, au nom de la « transition écologique » que l’on mène les politiques contre lesquelles se révoltent aujourd’hui les gilets jaunes, mais au nom de « l’incertitude climatique ». On comprend aisément les effets dévastateurs de ce renversement de perspective sur l’acceptabilité sociale des mesures prises pour la « bonne cause ». On le comprend d’autant plus qu’ils sont amplifiés par la certitude venant se greffer sur l’incertitude : celle de l’inutilité des mesures prises sur le problème qu’elles sont censées résoudre.

La juste intuition des gilets jaunes

En effet, l’effort de réduction des émissions de gaz à effet de serre demandé aux Européens ne pourra avoir qu’un effet infinitésimal sur le climat futur de la Terre. En prenant pour argent comptant les thèses du GIEC, les milliards engloutis et les milliards prélevés ne serviraient qu’à empêcher un réchauffement d’une valeur se rapprochant du centième de degré… Bien sûr, l’effort de la France et de l’Europe n’a de sens que s’il est compris comme la part d’un effort planétaire. Mais il serait temps d’en convenir : celui-ci ne se produira pas. Les accords internationaux sur le climat ne sont jamais respectés : avec cohérence par ceux qui refusent de les signer et avec duplicité par ceux qui les signent sans les mettre à exécution. Derrière la colère des gilets jaunes, il y a la juste intuition que les sacrifices demandés sont inutiles ou servent d’autres intérêts que ceux qui leur sont présentés.

Privilégier l’écologie locale 

En bon écologiste de carnaval, le pouvoir politique essaye maladroitement de « penser globalement » pour assurément « faillir localement ». En proposant des mesures inadéquates pour répondre à des problèmes incertains, il fait courir à son pays et à ses habitants des risques économiques et sociaux inutiles. Cette situation est regrettable car il existe aujourd’hui en France des problèmes « certains », y compris environnementaux, qui mériteraient d’autant plus d’obséder les esprits que les solutions réalistes pour les traiter existent. Mais, pour s’en rendre compte, il faudrait privilégier le local au global, les siens à l’humanité, les périphéries de la France aux confins du monde. Un jour peut-être, l’écologie cessera d’être l’allié objectif des « anywhere » (ceux de nulle part) aux dépens des « somewhere » (ceux de quelque part) et renouera avec une forme d’enracinement. Sans honte, j’enfilerai alors de nouveau mon gilet vert.

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