Le Bondy Blog fête ses «15 ans de reportages dans les quartiers» en sortant un livre intitulé Jusqu’à quand? (Éditions Fayard). Edwy Plenel en a écrit la préface et y fait l’éloge d’un journalisme qui lui ressemble: idéologique, militant et opportuniste.


Pour mémoire, le Bondy Blog a été créé en 2005, pendant les émeutes dans les banlieues. Ce média en ligne aurait pu légitimement représenter un jeune journalisme donnant la parole aux habitants des dites banlieues mais, rapidement, le site se transforme en machine à dénoncer le supposé racisme d’État, l’islamophobie, les discriminations des musulmans, et à relativiser ou nier la délinquance, le sexisme et l’antisémitisme qui minent certains quartiers. Le militantisme va remplacer le journalisme, et la détestation de la France s’accommoder à la sauce de l’antiracisme de carnaval et du fantasme islamophobe. Mais pouvait-il en aller autrement pour un site « indépendant » subventionné en partie par l’Open Society Foundation de George Soros ?

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Le site qui a révélé Mehdi Meklat

En 2017, l’affaire Mehdi Meklat, alias Marcelin Deschamps, révéla d’une certaine manière la duplicité du média associatif en même temps que la complaisance de certains milieux médiatiques et politiques à son endroit. Christiane Taubira, qui adulait le « kid » du Bondy Blog, sombra dans « une consternation aussi profonde qu’un cratère atomique » quand elle découvrit sa face cachée. Sur France Inter, Sonia Devillers, d’habitude si prompte à tordre le bras des “méchants”, minimisa : « Cette affaire mérite-t-elle autant de battage médiatique ? Non. » Mais « des voix extrêmes n’attendaient que ça pour cracher à la fois sur la banlieue et sur les médias ». De son côté, Mediapart affinait les réflexions de la journaliste : « Une coalition numérique allant de la fachosphère au Printemps Républicain est à la manœuvre pour, en attaquant le fils prodige du Bondy Blog, détruire tout ce qu’il est censé incarner. »

Mehdi Meklat sur le plateau de Quotidien, 20 novembre 2018 / Capture d'écran TMC
Mehdi Meklat sur le plateau de Quotidien, 20 novembre 2018 / Capture d’écran TMC

Pour sa préface de Jusqu’à quand ? le fondateur de Mediapart fait montre d’un lyrisme en toc qui n’est pas sans rappeler certains élans taubiraniens. Ça se voudrait hugolien ; c’est seulement démagogique, c’est-à-dire plenelien. Résumé et extraits : en 2005, Edwy Plenel avait « honte de [sa] profession. » Il assistait « à cette défaite : des médias qui, pour la plupart, gobaient les mensonges du pouvoir » et qui « accompagnaient la diabolisation des quartiers populaires. » Heureusement, « le surgissement du Bondy Blog a sauvé l’honneur du métier. »

Détruire pour reconstruire?

Élans de pacotille et analogies plus que douteuses s’empilent : les émeutes de 2005 ont été « un appel à construire », une « envie d’être enfin admis au banquet républicain », l’équivalent « des révoltes de 1830, 1848 et 1871. » Les propriétaires des voitures incendiées, les pompiers caillassés, les policiers accueillis avec des mortiers et les habitants des cités cadenassées par les délinquants et/ou les islamistes apprécieront la description idyllique d’Edwy Plenel. Bien entendu, ce dernier évoque la guerre d’Algérie. Thèses postcolonialistes en bandoulière, il dénonce « l’inconscient colonial de nos dirigeants ». Avec la componction conforme à sa formation trotsko-casuistique, il souligne la « rigueur informative (du Bondy Blog) qui parfois en remontra à d’autres médias, aveuglés par leurs préjugés. » Enivré par sa prose, il conclut : « L’aventure du Bondy Blog […] n’a pas seulement sauvé l’honneur du journalisme, mais aussi honoré la France, telle qu’elle est, telle qu’elle vit, telle qu’elle s’invente. » Hic ! Le moins que l’on puisse dire c’est qu’Edwy Plenel ne met pas l’honneur du journalisme français bien haut.

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Plenel n’évoque la France que quand il peut la salir

Quant à la France, il ne la nomme que dès qu’il s’agit de la salir. Il suffit de se souvenir de ses propos tenus quelques jours seulement après les assassinats des membres de Charlie-Hebdo à la tribune d’un débat co-animé avec son ami et allié Tariq Ramadan pour comprendre que l’objectif de Plenel, à savoir détruire coûte que coûte la société française, s’accommode très bien des alliances les plus douteuses et les plus dangereuses. Toute honte bue, Edwy Plenel était présent au “défilé contre l’islamophobie” en novembre 2019 aux côtés du CCIF et de Marwan Muhammad faisant scander des Allahou Akbar à quelques mètres du Bataclan. Sur le Club de Médiapart, les blogs qui soutiennent Tariq Ramadan, disent des policiers qui ont abattu l’assassin de Samuel Paty qu’ils sont des « barbares », dénoncent “l’islamophobie d’État”, ou assument un antisémitisme à peine masqué, ne lui font pas peur. Au contraire. Montrez à M. Plenel un moyen d’avilir ce pays ou certains de ses habitants, et soyez assuré de le voir dans la minute s’atteler aux tâches les plus basses et accepter en son sein médiatique les propos les plus douteux. Mme L., professeur de droit, peut en témoigner, elle qui, après avoir tenu des propos certes scabreux sur les religions, a reçu récemment de très sérieuses menaces de mort suite à la divulgation de son nom par… Mediapart.

Edwy Plenel se mire dans le Bondy Blog comme dans un miroir : il reconnaît la hargne idéologique et revancharde et la détestation de la France qui alimentent les articles des élèves comme du maître. Le Bondy Blog n’est jamais qu’un petit Médiapart des cités adepte des procédés du maître, ce que ce dernier reconnaît avec toute l’humilité dont il est capable. Ce journaliste pense de lui-même qu’il est un « mythe »(1) pour toute une génération de journalistes, et regarde ceux du Bondy Blog comme les dignes héritiers du journalisme qu’il affectionne: « froid, distant et tranchant comme le serait une lame aiguisée. »(2) Finalement, l’ancien admirateur de l’organisation terroriste qui assassina les athlètes israéliens en 1972 sera resté fidèle à ses premières amours trotskystes. Et son désir de détruire la société française reste intact.

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