J’ai tant vu le soleil d’Emmanuel de Waresquiel, un essai sur le plus italien des écrivains français


Historien renommé, spécialiste de l’Empire et de la Restauration, Emmanuel de Waresquiel s’est amusé, dans un court essai écrit pendant ses vacances d’été à la campagne, à rédiger une lettre d’amitié à Henri Beyle (1783-1842). Lecteur de Stendhal depuis trente ans, l’historien a voulu voir plus clair sur la parenté d’âme qui le lie à l’auteur de La Chartreuse de Parme

Une disposition à la légèreté et au bonheur

Ce faisant, M. de Waresquiel rejoint, aux côtés de Jacques Laurent, de Jean Prévot et de Philippe Berthier, la cohorte des beylistes plutôt que la troupe des stendhaliens. Ceux-ci utilisent Stendhal pour faire carrière ; ils « travaillent sur » l’écrivain, parfois non sans apporter leur petite pierre à l’édifice. 

Ceux-là se découvrent une passion pour « le rêveur définitif » et, en amis, témoignent de leur reconnaissance pour cet homme qui leur a offert « cette disposition passagère à la légèreté et au bonheur » – je cite ici Waresquiel. C’est dire si J’ai tant vu le soleil illustre l’état de grâce de son auteur. Il ne nous apprend à peu près rien sur Stendhal, sinon cette référence à une lettre inédite de M. de Beyle (sic) à Talleyrand, datée du 7 avril 1814, par laquelle cet admirateur de Napoléon… se rallie au gouvernement provisoire. 

Amoureux transi et arriviste pataud

Non, ce court essai vaut pour sa fervente lucidité, pour son intelligence sensible – le livre d’un ami destiné aux amis d’Arrigo Beyle, Milanais, aux aficionados de ce sous-lieutenant de cavalerie qui chargea les Autrichiens à l’âge de dix-sept ans. Ce livre est pour tous ceux qu’émeut l’amoureux transi et qu’amuse l’arriviste pataud. Pour tous les frères de Quest’anima adorata Cimarosa, Mozart è Shakespeare.

Emmanuel de Waresquiel, J’ai tant vu le soleil, Gallimard, 118 pages

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