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Voile: l’effrayant aveu d’Emmanuel Macron

Interdire le voile dans l’espace public déclencherait une guerre civile, selon Emmanuel Macron

Voile: l’effrayant aveu d’Emmanuel Macron
Paris, 6 septembre 2020 © GODONG/ BSIP via AFP

Le mercredi 20 avril 2022 à 23h23, le président de la République a publiquement déclaré qu’il y a en France une communauté susceptible de s’opposer à l’autorité de l’État par la violence au point de déclencher une guerre civile. Tout le reste est insignifiant.


On peut, comme Marine Le Pen, s’étonner que le candidat Macron parte du principe qu’une certaine catégorie d’habitants de la France n’accepte de se plier à la loi que si la loi se plie à leur volonté. Et c’est en effet, en soi, riche d’enseignements politiques. Mais en réalité, il y a beaucoup plus que ça.

De quoi parle-t-on exactement ? Lors du débat de l’entre-deux-tours, interrogé sur l’interdiction du voile islamique, Emmanuel Macron commence par un contre-sens total visant à faire de ce qu’il insiste pour appeler « foulard » une question de laïcité, alors qu’il s’agit du symbole ostentatoire d’une idéologie sexiste, déshumanisante et violente, et que le fait que cette idéologie soit religieuse est sans aucune importance. Il se permet même une comparaison particulièrement injurieuse avec la kippa et tous les autres signes religieux, ce qui est aussi ridicule que s’il affirmait que l’on ne peut pas interdire le port de la croix gammée sans interdire le port de toutes les croix ! Et il poursuit en disant à Marine Le Pen que si elle interdisait le voile « dans la cité », comme il est interdit à l’école et dans les services publics, « vous allez créer la guerre civile si vous faites ça, je vous le dis en toute sincérité. »

Face à face

A moins d’être un dangereux irresponsable à relever en urgence de ses fonctions, aucun chef d’Etat au monde ne parle à la légère de guerre civile.

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On se souvient de la crise des banlieues en 2005. On pense aux violences urbaines et aux agressions contre les forces de l’ordre, pratiquement quotidiennes dans notre pays. On peut aisément se renseigner (même si la plupart des médias prennent soin d’en dire le moins possible) sur ce qui se passe en ce moment en Suède, y compris l’ingérence de l’Irak, de l’Arabie Saoudite, de la Turquie.

On sait que depuis cinq ans, Emmanuel Macron dispose du fait de ses fonctions de toutes les informations des services de renseignements civils et militaires, des remontées de terrain des forces de l’ordre, des préfets, de toutes les administrations, des élus de sa majorité, des rapports qu’il commande, des enquêtes parlementaires. L’un de ses ministres de l’Intérieur a déclaré il y a déjà quatre ans : « aujourd’hui on vit côte à côte, et je crains que demain on vive face à face. » Lui-même a été proche collaborateur puis ministre d’un autre chef de l’État, qui avouait en 2016 : « qu’il y ait un problème avec l’islam, c’est vrai. Nul n’en doute », évoquait « l’accumulation de bombes potentielles liées à une immigration qui continue. Parce que ça continue » et allait jusqu’à affirmer à propos de ce que l’on n’appelait pas encore « séparatisme » : « c’est quand même ça qui est en train de se produire : la partition. »

Hier soir, Emmanuel Macron a donc complété ce constat en reconnaissant sans ambiguïté qu’il existe sur notre sol une « communauté musulmane » prête à faire la guerre à la France pour son voile, ce qui signifie qu’un nombre suffisant de musulmans en France se perçoivent eux-mêmes comme une communauté distincte, qu’ils ont la détermination, la présence sur le territoire, les effectifs et les armes nécessaires pour que leur action ne soit pas simplement de la contestation violente ou des émeutes, mais bel et bien une guerre civile – ou du moins est-ce ainsi que le président de la République, avec toutes les informations dont il dispose, évalue la situation.

Les islamistes voudront toujours plus

Et quelles conséquences pratiques Emmanuel Macron tire-t-il de ce constat ? Va-t-il faire ce que le bon sens exigerait, c’est-à-dire mobiliser tous les moyens de l’État, y compris militaires, pour procéder au désarmement méthodique de tous ceux qui refusent radicalement les bases les plus élémentaires de ce qui fonde la civilité dans notre civilisation ? Va-t-il mettre fin à l’arrivée massive sur notre sol de populations qui sont, de facto, des renforts pour cet « Etat dans l’Etat » prêt à nous faire basculer collectivement dans l’horreur ? Que nenni !

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Emmanuel Macron veut céder aux exigences de l’islam : le voile aujourd’hui, et qui sait ce que ce sera demain, et après-demain ? Logique munichoise dont on sait qu’elle ne sert qu’à encourager les brutes et les tyrans à vouloir toujours plus. Mais Emmanuel Macron est fort avec les faibles et faible avec les forts. Il envoie un hélicoptère de gendarmerie verbaliser trois promeneurs inoffensifs sur une plage pendant le confinement, mais ne se donne pas les moyens d’imposer ce confinement dans les « quartiers sensibles ». Les Corses l’ont constaté récemment : quelques nuits d’émeutes leur ont rapporté d’avantage que des années de négociations pacifiques.

Emmanuel Macron vante à Strasbourg la « beauté » qu’il y a à être « féministe et voilée », et reçoit le soutien très officiel d’un « iftar républicain » de la Grande Mosquée de Paris.

La présidence Macron a consisté en cinq années d’immigration à un rythme plus important encore que sous les quinquennats Sarkozy et Hollande, marquant la poursuite de la transformation démographique de la France. Emmanuel Macron, président d’une immigration hors de contrôle, ne montre pas la moindre volonté d’infléchir sa politique en la matière. A trois jours du second tour, les choses sont simples : le président la République en personne a déclaré que seule l’épaisseur d’un voile nous sépare encore de la guerre civile. Allons-nous reconduire au pouvoir le « front républicain » de ceux qui, en quarante ans, ont amené la France à cette situation catastrophique, et qui ont la ferme intention de continuer dans la même voie sans jamais se remettre en cause ? Dans le secret de l’isoloir, ce sera à chaque citoyen, en son âme et conscience, d’en décider.


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Haut fonctionnaire, polytechnicien. Sécurité, anti-terrorisme, sciences des religions. Disciple de Plutarque.

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