Des reportages en pagaille (Liban, ex-RDA, Creuse), un dossier sur le voile très touffu, des intellectuels prestigieux (Paul Thibaud, Pierre Manent, Bérénice Levet) en guise d’auteurs, n’en jetez plus, Causeur est de retour !


Et voilà, ça recommence. Trente ans après l’affaire de Creil, quinze ans après la loi qui interdit les signes ostensibles de religion à l’école, neuf ans après la prohibition de la burqa, voici venu le tour des accompagnatrices scolaires voilées. Depuis la tragi-comédie du Conseil régional de Bourgogne-Franche Comté, le chœur des pleureuses bâchées retentit quotidiennement. Hélas, le gâteux basque qui a lâchement tiré sur des fidèles musulmans à Bayonne alimente aussi la rhétorique victimaire des militants du voile. Discriminés, persécutés, stigmatisés, comme ils disent (l’usage de ce mot nous est devenu insupportable…), les entrepreneurs communautaires à la Yassine Belattar ont fait du hijab l’étendard de leur combat. Mais sachons raisons garder, comme nous y invite Elisabeth Lévy.

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« C’est certainement à leur corps défendant que la plupart des femmes voilées adressent un message de défiance au reste de la société. Mais puisqu’elles exigent, et à raison, d’être traitées en adultes, on a le droit de leur dire qu’elles sont embarquées dans un phénomène qui les dépasse et de leur demander pourquoi elles sont plus nombreuses à écouter les prédications délirantes de Youssef al-Qaradawi que les conseils avisés de Ghaleb Bencheikh, qui rappelle dans nos colonnes que le voile n’est pas une prescription coranique. »

Autant dire qu’on ne refera France ni par la violence ni par la complaisance mais en conjuguant les séductions de notre mode de vie et la fermeté de la loi.

Ghaleb Bencheikh et Hélé Béji face au voile

Paul Thibaud tente ainsi d’esquisser une troisième voie entre soumission et guerre civile. Sur ce chemin de crête, l’intellectuel catholique cherche un compromis alors que les débats autour de la famille ou de l’islam mettent aux prises deux camps arc-boutés sur leurs principes et leurs droits sacrés. De son côté, interrogé dans Causeur, le président de la Fondation de  l’islam de France Ghaleb Bencheikh condamne le port du voile. Adepte d’une lecture moderniste du Coran, cet adversaire du salafo-wahhabisme appelle à une mobilisation générale contre l’obscurantisme et répond à tous ceux que son partenariat avec la Ligue islamique mondiale désarçonne. Opposée au voile, la féministe franco-tunisienne Hélé Béji cherche néanmoins à en comprendre les ressorts. Pour l’auteur de Dommage, Tunisie !, son essor doit moins à la tradition islamique qu’à notre modernité (trop) riche en droits subjectifs. Pour en avoir le cœur net, Paulina Dalmayer a mené sa petite enquête. Conclusion: alors que leurs aînées s’intégraient, de jeunes bigotes aspirent à une vie communautaire affranchie des valeurs de la République.

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Pour Aurélien Marq, le combat contre « l’hydre islamiste » (Macron dixit) doit également se mener sur le front idéologique. L’attaque de la préfecture de police a révélé nos failles face aux cas avérés de radicalisation, montrant comme si cela restait à démontrer que les lourdeurs administratives, le refus de la délation et la peur des représailles affaiblissent notre combat contre le séparatisme islamique, ferment idéologique du djihadisme.

Des écoles Montessori islamiques

Au terme d’une enquête exclusive, comme on dit à la télévision, notre reporter Erwan Seznec a découvert que la pédagogie alternative connaissait un succès étonnant dans l’enseignement islamique. Mais cet engouement pour les écoles Montessori musulmanes n’a pas grand-chose à voir avec la quête de l’épanouissement des enfants…

Ce mois-ci, notre partie actualités fait la part belle aux reportages. Notre envoyé spécial Antoine Menusier retrouve une petite ville de Thuringe, dans l’ex-RDA, trente ans après l’avoir découverte à la chute du mur de Berlin. Ilmenau n’a pas pansé toutes les plaies de la réunification. Inégalités sociales et débat sur l’immigration y alimentent les votes post-communiste et nationaliste, comme l’illustre la récente élection régionale. En pleine effervescence, le Liban a servi de théâtre au reportage de Marguerite Silve-Dautremer. Chrétiens, sunnites et chiites s’y soulèvent contre leurs vieux leaders confessionnels pour exiger la construction d’une nation digne de ce nom. Même le Hezbollah est victime de ce dégagisme! Pour ma part, j’ai posé mes guêtres dans la Creuse où l’Etat a lancé un plan particulier de 80 millions d’euros. Objectif: soutenir les entreprises de ce département enclavé et vieillissant miné par la crise de l’élevage bovin. Mais en dehors du cannabis thérapeutique, on y trouve peu d’idées neuves (et encore moins de pétrole…). Outre-Manche, Jeremy Stubbs nous explique tout ce qu’il ne faut pas entendre sur le Brexit de la part des journalistes français endoctrinés jusqu’à la moelle…

De Huysmans à Houellebecq

Question culture, Jérôme Leroy a mis le paquet.

Son hommage à Huysmans, intronisé en Pléiade, rappelle la filiation de cet écrivain fin de siècle avec Houellebecq, dont les personnages d’antihéros célibataires doivent beaucoup aux siens. Tandis que Roland Jaccard dresse le portrait d’un Julien Green esthète des pissotières et trousseur de jeunes hommes, le grand Pierre Manent analyse la pensée d’Alain Finkielkraut telle qu’elle apparaît dans son récit autobiographique A la première personne. Dans cet Olympe des penseurs, Régis Debray passe sous le tamis de Bérénice Levet. Enfin, Anne-Sophie Nogaret a testé pour nous le Festival du film de Haïfa qui a réglé son programme sur celui de l’idéologie dominante. Transgenres, immigrés, femmes victimes du patriarcat: la marginalisation des hommes en est le fil conducteur.

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