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Vivre ensemble: et maintenant?

Vivre ensemble: et maintenant?
Image d'illustration Unsplash

À l’époque de la guerre de tous contre tous, la famille reste la solution


Ce billet est la suite de l’article précédent qui a connu un vif succès NDLR.

Je reconnais que mon premier texte sur le vivre ensemble était nourri d’un passé et d’une mentalité révolus ; tous les commentaires que j’imagine en réponse auront leur pertinence : le temps a passé, la société a beaucoup changé, la France n’est plus la même.

Penser à un Paris et à une façon d’être d’antan n’apporte ni plus ni moins que la contemplation émue d’un film de Truffaut sur l’enfance. L’innocence, la naïveté et la nostalgie peuvent avoir teinté mon souvenir et avoir été reçues comme une inutile méditation réactionnaire.

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Il reste que vivre ensemble est bien la difficulté la plus grande à laquelle nous soyons confrontés : rapporter donc comment un médecin, sa petite famille et ses patients cohabitaient il y a quelques dizaines d’années relève bien d’une réflexion politique ; cela justifie de penser plus loin l’évolution que nous avons vécue dans ce pays. Ce qui nous caractérise à gros traits, la France comme le monde, c’est que la violence ne cesse de croître, entre individus, entre groupes, entre communautés et que l’Etat, le Léviathan, n’est plus en mesure, selon la formule consacrée, d’empêcher la guerre de tous contre tous, incapable désormais de jouer le rôle de médiateur, parce qu’incapable d’assurer la sécurité et la vie décente pour tous.

Antimoderne ou ringard ?

Deux personnalités médiatiques bien connues de Causeur et philosophiquement plutôt sur sa longueur d’ondes se sont affrontées il y a quelques mois dans une émission de débat comme il en existe toute la journée depuis des années. Le premier soutenait avec une particulière retenue que la dégradation de la société était la conséquence directe de l’effondrement de la famille et des valeurs traditionnelles (travail, fidélité, amour de la France); le second, pourtant de sensibilité réputée proche, se moqua copieusement de lui sur le ton Travail-Famille-Patrie, bonjour le pétainiste, vous n’avez rien de plus moderne à nous fournir comme solution ? Bientôt vous allez nous ressortir le mariage pour la vie, regardez-moi bien dans les yeux ! Les autres participants ricanaient avec un petit air gêné. Antimodernes d’accord, mais quand même, pas ringards à ce point !

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Pourtant, c’est bien ce modèle robuste de la famille qu’il faut continuer de regarder comme désirable et d’honorer. Bien sûr que la famille est porteuse de toutes les turpitudes possibles et de toutes les généalogies fragilisées ; qu’on peut y être malheureux et maltraité, en sortir en miettes etc ; la Bible et la tragédie grecque en sont tissées et c’est même pour cela que la psychanalyse a été inventée. Il n’empêche que, comme disait l’autre à propos de la démocratie, en matière d’édification, d’apprentissage de la différence, et de sécurité, la famille, c’est le pire des systèmes à l’exception de tous les autres.


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