Le Pape François multiplie les déclarations ambigües et semble vouloir s’adapter à l’époque. Il devrait au contraire faire respecter les dogmes.


 

« Inquiéter, tel est mon rôle. » Cette phrase célèbre de Gide, un esprit malicieux pourrait dire que le Pape la fait sienne. Pas un jour, en effet, sans qu’il lance une de ces phrases ambiguës dont il a le secret et qui jette le trouble. Sauf que le Pape n’est pas l’auteur des Caves du Vatican.    

 A bracchio, imprécis, les propos de ce Pape « venu du bout du monde », veulent bousculer « les poivrons verts » que nous sommes. Imagés pour les uns, d’un exotisme rafraîchissant pour les autres, provocateurs, contradictoires, ils veulent faire bouger les lignes. On se souvient de la charge contre la Curie et les cardinaux auxquels le successeur de Pierre opposait une église pauvre et spirituelle. La volonté affichée du Pape, « qui n’a pas peur des schismes », comme il le dit lui-même, est de faire bouger les lignes. De là la nécessité constante, pour son service de communication, de contextualiser ses propos, de les recentrer, de les corriger, d’en faire une exégèse, de leur donner les mille et une nuances de la catholicité, afin de les exonérer de tout soupçon d’hétérodoxie, en établissant un degré entre les propos personnels et la parole magistérielle. Et d’accuser, in fine, les brebis rebelles de mal chausser leurs lunettes, d’avoir un cœur fermé et un mauvais esprit.

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On se rappelle la réponse très jésuite du Pape : « Qui suis-je pour juger ? » La parade était là: un avion n’est pas la chaire de Pierre ; ce propos émanait non de l’évêque de Rome mais de George Bergoglio. N’empêche: cette phrase avait fait le tour du monde. On posait au Pape une question sur le mariage ? Il répondait par un refus de porter un jugement moral sur des personnes. L’amour abolissait la loi: ainsi commençait le cas par cas dans l’Église sans toucher au dogme, bien entendu.

Le soutien trouble du Pape aux unions civiles homosexuelles 

C’est la même casuistique que nous retrouvons dans les propos du Pape sur l’union civile homosexuelle rappelés récemment, et qui ont demandé une mise au point du Vatican. « Les personnes homosexuelles ont le droit de faire partie d’une famille, ils sont enfants de Dieu, ils ont le droit à une famille. Personne ne peut être expulsé d’une famille ni vivre une vie impossible pour cette raison. Ce que nous devons faire, c’est une loi de cohabitation civile, ils ont le droit à être légalement couverts. C’est ce que j’ai défendu. »

L’agence Zenit a beau dire, le 21 octobre, que le Pape ne change rien à la doctrine, son soutien ambigu aux unions civiles homosexuelles (inutile puisque cette un

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