Quatre ans après son rachat par Frank McCourt, l’Olympique de Marseille (OM) tourne toujours à petit régime. Une situation qui pourrait changer alors que se profile un nouveau plan de rachat par un fond provenant d’Arabie Saoudite ou d’un émirat. Le football français est aussi un terrain de jeu géopolitique pour des puissances étrangères.


Une fois n’est pas coutume, l’Olympique de Marseille serait de nouveau sur le point d’être racheté par un mystérieux investisseur. Pour ceux qui n’auraient pas suivi l’affaire, il s’agit là de la deuxième opération de ce genre en moins de cinq ans, dans la mesure où le club phocéen avait tout d’abord été acquis par l’homme d’affaires américain Frank McCourt en 2016.

L’espoir renaît

Les supporters marseillais s’étaient alors pris à rêver. Leur club allait être en mesure de concurrencer un Paris Saint-Germain qui rafle tout sur la scène nationale et n’a pas perdu un seul classico depuis son rachat par les Qataris en 2011. Mais également avoir de nouveau une chance de revenir sur le devant de la scène européenne.

Malheureusement pour eux, le rêve a tourné court : non seulement les sommes investies durant ces quatre dernières années prêtent à sourire vis-à-vis des objectifs affichés, mais le recrutement n’a jamais été à la hauteur, ainsi, l’opération a été un échec aussi bien sportif que financier, et Frank McCourt pourrait donc être tenté de chercher une porte de sortie.

Heureusement pour lui, l’OM semble être au cœur d’une seconde tentative de rachat qui lui permettrait enfin de se donner les moyens de ses ambitions, dans laquelle l’ancienne figure du Top 14 Mourad Boudjellal jouerait un rôle clé.

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Football et géopolitique

Si l’identité des nouveaux actionnaires n’a pour l’heure pas encore filtré, l’ex-dirigeant toulonnais a récemment affirmé que ceux-ci étaient originaires du Moyen-Orient, que leurs fonds sont aussi bien étatiques que privés et proviennent de ressources naturelles telles que le pétrole. Sur RMC, l’homme d’affaires a déclaré la semaine dernière être « porteur d’une offre pour le club de l’OM, venant de fonds du Moyen-Orient, étatiques et privés, et qui proviennent du pétrole, de l’eau, de l’énergie, et qui sont portés par un homme d’affaire franco-tunisien… »

Il est donc fort probable que les investisseurs en question soient originaires d’Arabie Saoudite ou d’un quelconque Émirat, en d’autres termes : un rival du Qatar, dont les motivations reposeraient davantage sur une volonté de concurrencer les Qataris dans un de leurs domaines de prédilection, plutôt qu’un réel intérêt pour le football.

Le championnat de France a longtemps été dénigré pour son manque de compétitivité. À l’avenir, les rencontres PSG / OM pourraient changer la donne. Les amateurs de ballon rond peuvent s’en réjouir. De leur côté, les observateurs de géopolitique redoublent d’inquiétude quant à la prédation, sur nos clubs tricolores, de pays à l’influence parfois hostile.

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