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Quand la DILCRAH devient le relais des extrémistes trans

Quand la DILCRAH devient le relais des extrémistes trans
Gay pride à Madrid, 2021 © Alberto Sibaja/Pacific Press/Shu/SIPA

Dans un communiqué, la Dilcrah, organisme gouvernemental, a repris sans discernement les accusations de certaines associations trans envers un lanceur d’alerte, l’Observatoire de la Petite Sirène. Cet Observatoire, qui éclairait sur les dangers de la prise de bloqueurs de puberté et sur les incitations à la transition chez les enfants et adolescents, se retrouve accusé de transphobie.


Pourtant, les dangers sur lesquels l’Observatoire de la Petite Sirène base ses avertissements sont réels et ont entrainé une modification de la prise en charge des mineurs dans les pays pionniers sur les questions de changement de genre. Une réalité que la DILCRAH a choisi d’ignorer pour se faire le relais d’un militantisme idéologique très agressif.

La transidentité, un sujet passionnel, qui alimente la diabolisation de ceux qui s’interrogent sur certaines dérives

La transidentité est devenue un sujet qui déchaîne les passions et nombre d’associations trans utilisent des méthodes d’intimidation et de mise en accusation sociale qui rappellent les méthodes des partis et associations relais des islamistes. L’accusation de « transphobie » joue ici le même rôle que l’accusation « d’islamophobie ». Il s’agit d’interdire tout débat et toute expression sur ce type de questions, sauf à prendre le risque d’être dénoncé comme un relais haineux de l’extrême-droite. Pour trop d’associations trans, toute personne qui ose s’interroger sur les dérives de la transidentité quant à la négation de certaines réalités biologiques (à part dans le cas des personnes intersexes, il existe une réalité biologique qui n’est pas une assignation), leur rôle trouble dans l’invisibilisation des femmes ou bien le risque de faire subir des mutilations sexuelles à des enfants en leur faisant prendre très tôt des bloqueurs de puberté devient une cible à censurer et à déconsidérer. Ceux qui se risquent à poser certaines questions sont souvent violemment harcelés sur les réseaux sociaux. Le fait qu’ils puissent par ailleurs reconnaitre l’existence de la dysphorie de genre et ne pas juger les choix des personnes adultes n’est absolument pas pris en compte. Pas plus que le fait qu’ils soient favorables à une meilleure acceptation dans la société des transgenres. Il faut épouser la cause du militantisme le plus agressif, se taire ou accepter d’être harcelé et diabolisé. La « mort » sociale de ces personnes et leur censure est en général l’objectif visé.

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Des personnes que l’on ne peut soupçonner de dérives vers l’extrême-droite en ont fait les frais. L’exemple le plus célèbre est bien sûr JK Rowling, l’écrivain de la saga Harry Potter, pour avoir partagé en 2020 un article intitulé « Opinion : créer un monde post-covid plus égalitaire pour les personnes qui ont leurs règles » en ajoutant en légende : « Les personnes qui ont leurs règles. Je suis sûre qu’il existait un mot pour ça. » Pour avoir fait référence aux femmes sans ce post, J.K. Rowling a été accusée de transphobie et a essuyé une vague de haine sur Twitter.

Une vague d’intimidation

Twitter étant un égout sans fond à ciel ouvert et les « shitstorms » (littéralement tempêtes de merde) étant un des cœurs de son activité, l’affaire aurait pu en rester là et garder une dimension anecdotique. Le problème est que les accusations ridicules qu’a subi J.K. Rowling ont été relayées dans le monde institutionnel et ont entraîné des prises de distance notamment de son éditeur et des studios ayant adapté la saga, excluant la créatrice de nombre de célébrations. Nous sommes en train de connaitre la même vague d’intimidation en France sur ces questions, alors même que le monde médical alerte sur les risques que font courir à des enfants l’idéologie de la transidentité. Les pays qui sont allés le plus loin en autorisant les processus de transition pour les enfants et les mineurs, comme la Suède ou l’Angleterre, en reviennent, les résultats s’étant révélés désastreux pour nombre d’enfants entraînés bien trop tôt dans des processus qui, contrairement au discours des associations militantes, ont des effets irréversibles.

La DILCRAH complice de la volonté de censure?

Plutôt que de se pencher sur ces réalités, les associations militantes ont choisi de faire taire les médecins et psychologues qui tirent la sonnette d’alarme en les disqualifiant moralement et socialement. On peut trouver cela désagréable, mais ces associations ne sont que des lobbys. En tant que telles, elles n’ont pas à avoir de lien avec l’intérêt général, n’ont pas de devoir particulier de protection de leurs membres. Elles sont là pour défendre voire imposer leur point de vue et leurs intérêts. On peut déplorer les méthodes employées mais le fait de se regrouper pour défendre une idéologie est légitime en démocratie, à condition d’accepter le débat bien sûr. Non seulement ici ce n’est pas le cas, mais ces associations ont réussi à entraîner dans leur logique militante et accusatoire, une institution pourtant censée faire œuvre de raison, là où règnent les passions.

La DILCRAH est en effet une institution interministérielle chargée d’animer la politique de l’Etat en matière de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti LGBT. Or celle-ci a pris fait et cause pour les associations trans les plus agressives et les plus militantes, à l’occasion d’une controverse sur la délivrance de bloqueurs de puberté et l’incitation à la transition pour les enfants. Cette controverse opposait ces associations à l’Observatoire de la Petite Sirène (collectif pluridisciplinaire de professionnels praticiens et chercheurs regroupant médecins, pédopsychiatres, psychologues, psychanalystes, anthropologue, juges pour enfants et enseignants). Non seulement le communiqué de la DILCRAH reprend sans discernement et sans prise de distance un discours militant, portant des accusations très violentes envers l’Observatoire, mais il le fait sans avoir mis en place de procédures contradictoires (seules les associations trans ont été rencontrées) et sans même s’être assuré de la réalité de ces accusations ! Une phrase de ce communiqué est édifiante : la DILCRAH déclare saisir le procureur de la République au titre de l’article 40 du code de procédure pénale « s’il était avéré que l’approche promue dans ce guide (un guide promu par la Petite Sirène à destination des psychothérapeutes [1]) s’apparente à une thérapie de conversion ». La DILCRAH n’a en fait rien vérifié des accusations des associations et l’avoue très clairement. Sans mener ni enquête ni auditions contradictoires, elle jette l’opprobre sur cet Observatoire. Cela n’est pas digne d’une institution et pose un vrai problème sur le fond.

Les risques des transitions de genre précoces

D’abord, parce que les connaissances en la matière sont fragiles dans la mesure où les cas étant peu nombreux, les études portent sur des cohortes réduites et qui ne sont donc pas forcément significatives. Il n’en reste pas moins qu’en l’état actuel des connaissances, si pour des adultes dysphoriques (s’identifiant à un autre genre que leur sexe biologique) la transition de genre paraît bénéfique, il n’en est pas de même pour les enfants. Selon Peggy Sastre, dans un article du Point « Transition de genre : ce qu’en dit la science », des dizaines d’études menées sur le long terme en Amérique du Nord, montrent que dans le cas des enfants les désistements se situeraient entre 60 et 90% des cas.

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Or, ce que rappelle l’Observatoire de la Petite Sirène, outre ces chiffres, est que l’utilisation de bloqueurs de puberté entraîne des conséquences non réversibles et des effets secondaires. Ceux-ci peuvent conduire à l’infertilité, entraîner des dysfonctionnements sexuels et on soupçonne qu’ils pourraient avoir des effets sur le développement du cerveau. La prise d’hormones, de son côté, est aussi accusée de favoriser certaines maladies cardio-vasculaires, certains cancers, l’ostéoporose, les thromboses… Parmi les changements physiques constatés, on peut observer la croissance du clitoris, lequel devient parfois extrêmement sensible et douloureux, une pilosité anormale du visage et du corps, des sautes d’humeurs, des dépressions, des douleurs musculaires… A long terme, au-delà des changements d’apparence, ce type de traitement aurait même des effets sur la durée de vie. Prendre ce type de traitement n’équivaut pas à se donner du temps en arrêtant la puberté pour que l’enfant ait le temps de réfléchir. Ce n’est pas simplement un bouton « pause ».

Face aux dérives, le changement d’approche des pays pionniers

La fermeture par le système public de santé anglais du service de prise en charge des enfants en questionnement de genre de la clinique Tavistock montre bien les dangers d’une approche purement idéologique de la transidentité. Cette clinique prônait une approche trans-affirmative pour les mineurs. Or cette prise en charge s’est révélée néfaste : diagnostics de dysphorie posés trop rapidement, prise d’hormones et chirurgies réalisées sans discernement, incitation au « coming out. » Ces faits ont conduit à des démissions en chaîne de praticiens inquiets, lesquels ont exprimé de « sérieuses préoccupations éthiques ». Suite à ces démissions, la NHS a commandé un rapport indépendant. Celui-ci a mis en évidence une augmentation très importante du nombre d’enfants traités mais surtout un nombre important d’enfants présentant des troubles de santé mentale. Le fait que le changement de genre puisse être aussi un moyen de faire face à la prise de conscience de son homosexualité au moment de l’adolescence semble également un fait avéré. Mieux vaut donc attendre avant de se lancer dans des traitements irréversibles. Face à ces données, la Suède, pourtant pionnière sur ces questions, a revu son protocole de soins et ne donne plus d’hormones aux mineurs. Quant à la Finlande, elle avait modifié ses recommandations concernant les mineurs dès 2020.

Les questions que pose l’Observatoire de la Petite Sirène sur la prise en charge des mineurs ne sont donc pas déconnectées de la recherche ni des connaissances médicales sur le sujet. Les constats et interrogations qu’elle relaie ont modifié les prises en charge dans les pays pourtant favorables depuis longtemps à la possibilité de changer de genre. Qu’une institution étatique, au lieu de se pencher sérieusement sur ces questions, préfère suivre la voie de la diabolisation et de la mise en accusation, sans se donner la peine de mener une enquête sérieuse, est non seulement inacceptable mais est susceptible de mettre en danger un public mineur qu’il est pourtant de son devoir de protéger. Avec ce communiqué la DILCRAH a commis une erreur.

En maintenant ses positions et en essayant de faire taire des lanceurs d’alerte, cette erreur est en train de se transformer en faute grave. Hélas, des enfants risquent d’en payer le prix.

[1] https://genspect.org/guidance-for-psychotherapists-and-counselors/

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Ancienne conseillère régionale PS d'Île de France et cofondatrice, avec Fatiha Boudjahlat, du mouvement citoyen Viv(r)e la République, Céline Pina est essayiste et chroniqueuse. Dernier essai: "Ces biens essentiels" (Bouquins, 2021)

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