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La Guillotière, La Duchère: où sont les hommes?

Faut-il en venir aux mains contre la racaille ?

La Guillotière, La Duchère: où sont les hommes?
Opération de police dans le quartier de La Duchère à Lyon, au lendemain d'une attaque à l'arme à feu contre des policiers, 26 octobre 2021. © Philippe Desmazes/AFP

Dans la capitale des Gaules comme ailleurs, nous ne savons pas tenir la racaille en respect, alors elle règne.


Chaque jour en France l’ensauvagement gagne du terrain et des territoires. Un déchaînement de violences racistes, antisémites, sexistes, antifrançaises gratuites ou crapuleuses : des cambriolages, des vols avec violence, des viols, des destructions, des attaques, des agressions, des lynchages, des attentats, des meurtres, 120 attaques au couteau par jour.

Si les forces de l’ordre ne peuvent occuper le terrain en permanence, une participation citoyenne n’est-elle pas une solution?

La police entravée

Dans les débats sur les chaînes d’info, depuis des années les mêmes questions se suivent et se ressemblent (Faut-il durcir la répression ? Faut-il réduire l’immigration ? Faut-il imposer l’assimilation ? Faut-il proposer l’inclusion ? Faut-il construire des prisons ? Faut-il abattre le béton ? Faut-il combattre les discriminations ?) et en attendant les réponses, on voit la violence exploser partout. Les Français sondés demandent de l’ordre, même ceux de gauche, même à des généraux. Si l’on diffuse les éditorialistes ou les politiciens en accéléré, on voit toutes les lignes bouger vers la droite à l’œil nu. Tout le monde en parle, tout le monde le voit mais personne ne l’arrête. La jungle mord sur la civilisation, inexorablement.

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Le film est toujours le même. Quand ça chauffe plus qu’à l’ordinaire quelque part, la police fait une descente, les délinquants se carapatent et disparaissent comme des miliciens du Hezbollah quand Tsahal débarque au Liban. Quand la voie est libre pour un discours républicain, le président ou le ministre vont dans les territoires en voie de perdition expliquer que la violence des voyous prouve que l’action de l’État est efficace. Puis les nuisibles reviennent quand les policiers sont partis pacifier temporairement d’autres zones sensibles par une présence massive.

Le soir à Lyon, dans le quartier de la Guillotière comme dans beaucoup d’autres quartiers en France, les gens vivent dans la peur, sortent peu ou restent chez eux. Les habitantes sont importunées, agressées, elles rasent les murs, pressent le pas, baissent les yeux. Les riverains appellent l’État au secours depuis des années, en vain. Obligé par une actualité médiatisée, le préfet, plus gêné et plus honnête que les politiciens, est venu dire en substance : « On fait ce qu’on peut. » Rarement, l’État n’a autant avoué son impuissance. Ne circulez plus, y a rien à voir.

L’exécutif est impuissant, émasculé par le législatif et terrorisé par l’opinion. Les procédures pointilleuses entravent l’action des policiers. Les syndromes de Malik Oussekine ou d’Adama Traoré paralysent les gouvernants qui brident la répression. Les droits de la défense des prévenus, des condamnés, des réfugiés, des clandestins, des mineurs, du sol, de la famille, des squatters et des fous à lier donnent à la magistrature des bâtons pour tous les rouages de la justice. Seuls sont oubliés les droits à la paix et à la sécurité des travailleurs, des touristes, des citoyens honnêtes de toutes les origines qui financent la machine judiciaire. Résultat, le crime paye, la violence se répand, les gens ordinaires fuient et les territoires se perdent. Les Évangiles coulent dans les veines des Français, disait André Suares [1], et ils tendent l’autre joue.

Aux armes citoyens ?

Si le salut ne vient pas de la France d’en haut, ne pourrait-il venir de celle d’en bas ? Si les forces de l’ordre ne peuvent occuper le terrain en permanence, une participation citoyenne n’est-elle pas une solution ? Quand la rue devient hostile aux femmes, où sont leurs hommes ? Que font les jules et les machos, amis, frères, amants ou maris des femmes harcelées ? Où sont les métrosexuels tatoués et musclés qui sculptent leur corps, lèvent de la fonte, gonflent dans des salles, transpirent sur des pistes, rament ou nagent, se cognent dans des mêlées, frappent dans des balles ? Tant d’énergie gaspillée dans de virils mais vains hobbys ne peut-elle mieux servir ? N’est-il pas dommage de se défouler dans des affrontements ludiques et stériles entre Français solides quand des voyous insolents et impunis occupent le pavé ? Que font les clubs de boxes, de karaté, de lutte ou de catch ? Que ne viennent-ils s’entraîner la nuit sur les places dangereuses pour qu’au spectacle de musculatures françaises et de coups de pied retournés, les mineurs étrangers et isolés reprennent le droit chemin ou celui qui les ramènera chez eux. Et les médiévistes avec leurs masses d’arme ? Ne pourraient-ils venir comme jadis chasser les gueux ? Et les militaires ? Pourquoi les commandos paras ou les gars des forces spéciales ne sortent-ils pas de leurs casernes pour s’entraîner à la neutralisation des individus dangereux en milieu urbain ? Pourquoi n’y a-t-il aucun mâle dans la cité des Gaules pour nous rejouer Charles Bronson dans Un justicier dans la ville, en corrigeant quelques récidivistes pénibles, de nuit et ni vu ni connu ?

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Si tout le monde y met du sien, le monde peut rester vivable. Il y a quelques années, en Corse, des racailles avaient attaqué des pompiers. Les habitants du village n’ont pas attendu les médias ou le préfet, ils ont défilé nombreux et fâchés dans leur cité en criant : « Descendez ! » Personne n’est descendu et depuis, la Corse semble avoir la paix dans ses quartiers. À ceux qui ne comprennent que la force, une simple démonstration suffit parfois à remettre les idées en place.

Quand le Bronx s’installe au cœur des villes, une réaction populaire physique et déterminée peut être une réponse à l’ensauvagement, plus rapide, plus efficace et moins coûteuse que la réponse pénale. Si les racailles se permettent de toucher les femmes, c’est parce qu’ils pensent que nous ne sommes plus des hommes. S’ils ne nous respectent pas, s’ils nous méprisent, s’ils nous haïssent et nous agressent, c’est que nous ne savons plus les tenir en respect. Il est temps de reprendre des forces morales, d’imposer la paix des riverains par des opérations « coups de poing citoyen », de redresser les opinions en distribuant des marrons.

Et pourquoi pas de réviser les Évangiles ? Quand Jésus multiplie les pains, après tout, ça peut être aussi dans la gueule.


[1] Merci Zemmour.

Décembre 2021 - Causeur #96

Article extrait du Magazine Causeur


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Cyril Bennasar, anarcho-réactionnaire, est menuisier. Il est également écrivain. Son dernier livre est sorti en février 2021 : "L'arnaque antiraciste expliquée à ma soeur, réponse à Rokhaya Diallo" aux Éditions Mordicus.

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