Rencontre avec Franck Layré-Cassou, candidat divers droite à la Mairie du 14e arrondissement de Paris


“Je tracte tous les jours depuis deux ans. Notre collectif Le PariS du 14 s’est donné pour objectif de rencontrer chaque habitant du 14e avant l’élection!” C’est avec un large sourire que Franck Layré-Cassou m’accueille dans son arrondissement. Implanté localement depuis six ans, le candidat divers droite entend bien y faire parler de lui. Parti très en avance Layré-Cassou est parvenu à un très large rassemblement à droite. Il compte plus de 1000 soutiens venus de LR, de Debout la France, de l’UDI, du Parti Chrétien Démocrate et du Rassemblement national.

Gêné aux entournures par l’irrésistible attrait exercé par la macronie sur une bonne partie de sa famille politique, Franck Layré-Cassou trouve le soutien de Serge Federbusch, candidat soutenu par le RN à la mairie de Paris début 2019. C’est Charles Millon qui fait les présentations: les deux hommes s’apprécient depuis la campagne Fillon.

La droite tentée par le magma macroniste

Franck Layré-Cassou, 35 ans, se moque d’être taxé de “candidat du RN” : “Les électeurs ne me font plus cette remarque. Ma candidature va bien au-delà, je viens de LR mais j’ai voulu créer une rassemblement plus large pour avoir une chance. Ceux qui me taxent d’être RN aujourd’hui, de toute façon, ce sont des gens qui n’auraient pas voté pour nous et qui préfèrent se fondre dans le magma macroniste.”

Avec son accent du sud-ouest,  il égrène les 14 points de son programme pour l’arrondissement et nous présente fièrement le commerce de bouche qu’il vient d’ouvrir avec sa compagne. L’arrondissement compte près de 90 000 inscrits, il a été abandonné par Nathalie Kosciusko-Morizet pour laquelle Franck Layré-Cassou a milité. La folie des grandeurs ? La presse, en général, il regrette de la voir bien peu dans les arrondissements parisiens, les éditorialistes étant exclusivement affairés à couvrir la mairie centrale.

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Il adresse un reproche assez similaire aux candidates investies localement par LR (NKM puis Marie-Claire Carrère-Gée). Élu président de conseil du quartier Montsouris, il regrette leur manque d’investissement local. “Quand j’ai lancé ma plateforme il y a deux ans, on m’a dit à LR, c’est super, on te soutient.” 

Un candidat dissident face à Marie-Claire Carrère-Gée

Manque de pot, il ne sera pas remercié pour ses efforts. Alors qu’elle était partie en dissidence contre NKM la dernière fois, revoilà l’éternelle candidate LR Marie-Claire Carrère-Gée investie! “Quand je lui ai proposé lors d’un apéro de me rejoindre, elle m’a répondu “Les gens m’attendent!” ironise-t-il. Persifleur, il est d’un tout autre avis: “Cela se saurait. Elle s’est déjà présentée plusieurs fois et a perdu à chaque fois.”

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S’il n’est pas tendre avec la droite officielle qui voudrait se rapprocher des macronistes, Franck Layré-Cassou concentre à présent ses attaques sur la gauche aux manettes municipales. Autour de la maire hamoniste du 14e Carine Petit (qui se représente) comme autour d’Anne Hidalgo, toute la gauche est rassemblée (écolos, socialistes, communistes…) et se réjouit d’une REM divisée permettant espérer la poursuite d’une politique d’une rare démagogie.

Selon Franck Layré-Cassou, le 14e est “dégueulasse.” Il veut récupérer la compétence de la propreté dans l’arrondissement, alors que le tout a été centralisé au niveau de l’hôtel de ville depuis Delanoë.  Résultat : les maires d’arrondissement n’ont pratiquement plus aucune compétence. “Cette mutualisation est inefficace, on ne nettoie pas le 14e comme on nettoie le 1er. On a le même type de problème avec les travaux erratiques de voirie. Si on ne récupère pas cette compétence, rien ne nous empêchera de faire des contrats privés pour pallier l’inefficacité des services de la mairie!” Pour le logement, Franck Layré-Cassou fustige le logement très social et des attributions qui pénalisent systématiquement ceux qui travaillent et sont contraints de quitter Paris. “Dans le 14e arrondissement, on était à 17% de logement sociaux et on arrivera à près de 30% en fin de mandat si tout est livré. Et on ne m’enlèvera pas de la tête que cette multiplication des baux de logements très sociaux a pour effet de renchérir les loyers des familles des classes moyennes.”

Un programme bien à droite

Promenade verte prétentieuse, “forêt urbaine” (de 50 arbres!) sur le parvis de la gare Montparnasse, passe-droits permanents pour les vélos, aménagements délirants pour ces derniers, Conservatoire municipal déplacé porte de Vanves (il est également question d’interdire les cours particuliers jugés “élitistes”)… Le candidat me dresse un inventaire à la Prévert de tous les délires de la mandature actuelle.

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L’arrondissement, réputé tranquille, le serait en réalité nettement moins dès que l’on s’aventure au-delà de la rue d’Alésia, vers le sud.  “Des personnes se foutent totalement des règles communes en permanence!” Alors plutôt que de récupérer le conservatoire, la Porte de Vanves aurait plutôt besoin qu’on y rétablisse une antenne de police… En plus de cette création d’un commissariat au niveau des Maréchaux, le candidat entend mettre en place une police municipale armée et développer la vidéo protection dans l’arrondissement. De Montparnasse à la porte de Vanves, voilà qui remettrait la lumière sur le 14e.

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