On connaissait les bourreaux-victimes, les islamistes modérés et les sarkozystes de gauche ; on sait même grâce au pénible accent hollandais qu’il existe des juifs antisémites : les ashké-nazies. Mais l’intelligence contemporaine nous avait encore épargné les « pédés homophobes » ; une bête curieuse révélée par la « maladresse » du comique Julien Cazarre en marge d’un match.

Homophobe, comme ils disent…

Soupçonné d’en être par les supporters de Marseille, il a ironiquement repris les quolibets chantés des tribunes pour parer l’attaque en répétant « Julien Cazarre, pédé ! » sur l’antenne de Canal + Sport, dans l’émission « J+1 ». Ce que lui a reproché le CSA dans une mise en demeure pour « propos homophobe à l’antenne ».

Récapitulons. Julien Cazarre, dont la sexualité n’est pas en cause, se trouve donc sous le coup d’une sanction du CSA pour s’être laissé traiter de « pédé » par des « ultras » phocéens. Homophobie, comme ils disent à Paris… On savait Cyril Hanouna en délicatesse avec l’association LGBT Le Refuge à cause de ses canulars lourdingues et voilà qu’un humoriste footballistique est à son tour menacé.

« Paris, Paris, on t’…. ! »

Or, le CSA l’ignore mais en marseillais, « pédé » se traduit par « parisien ». Et « parisien » se traduit dans la même langue par « hostile à l’OM ». C’est souvent maladroitement que le stade Vélodrome assouvit ses pulsions en s’exclamant : « Paris, Paris, on t’encule ! »

Si le CSA avait demandé l’aide de traducteurs franco-marseillais, il n’aurait pas commis pareille méprise et épargné Julien Cazarre. Odieux colonialisme audiovisuel !

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