Les annonces du chancelier allemand pour contrôler l’immigration rompent avec une décennie de politique d’accueil inconditionnel. Mais la plupart d’entre elles sont conformes au traité de Schengen. Nos voisins pourront, sans se contredire, rouvrir les vannes de travailleurs étrangers lorsque leur économie le jugera utile.
Touchée ces derniers mois par une série d’attaques terroristes commises par des ressortissants étrangers (dont la plus récente et meurtrière, un attentat au couteau perpétré par un Syrien ayant demandé l’asile dans le pays, a coûté la vie à trois personnes), l’Allemagne semble aujourd’hui chercher à reprendre en main sa politique migratoire – en apparente rupture avec la décennie écoulée.
Au cours des années 2010, notre voisin d’outre-Rhin a pratiqué une politique de l’asile largement ouverte, dont les justifications mêlaient considérations humanitaires et calculs économiques, l’accélération des flux étant perçue comme une opportunité d’apport en main-d’œuvre et une solution de mitigation du vieillissement démographique. Entre 2013 et 2023, on estime que près de 2,8 millions de primo-demandeurs d’asile ont été reçus en Allemagne, soit l’équivalent de la population cumulée des villes de Cologne et Hambourg (et un tiers du total des demandes dans l’UE). Le record annuel sur cette période a été atteint en 2016, avec 722 000 premières demandes
