Née dans la Pologne du socialisme réel, Paulina Dalmayer raconte son passé d’écolière modèle, entre rire et discipline.


Masques à gaz et troc de marchandises

Dans « La Guerre des mondes », il est question de la course aux armements, de la menace de l’arme nucléaire, de l’équilibre de la terreur, de Staline et de Khrouchtchev, donc en somme, de ce qui formait l’expérience sensible de chaque citoyen d’un pays satellite de l’Union soviétique, mais qui pouvait être ignoré par ceux qui avaient la chance de peupler le monde libre.

« Il n’y a qu’un seul communiste en Pologne, mais, comme nul ne le connaît, il faut se méfier de tout le monde », disait une vieille blague qui circulait dans mon pays avant la chute du mur de Berlin. Nés sous le Premier secrétaire du Parti ouvrier Edward Gierek, fort apprécié en raison des cargaisons d’oranges et de bananes qu’il faisait venir de Cuba, élargissant ainsi notre palette gustative au-delà de l’imaginable, nous étions entraînés à l’éventualité d’une attaque nucléaire impérialiste.

Des masques à gaz, pas toujours opérationnels, nous étaient distribués en classe. On nous apprenait, en même temps que la géographie des pays voisins (dont aucun n’existe plus), qu’il ne faut jamais regarder en direction de l’explosion… Enfin, c’était confus : après l’instauration de l’état de guerre en Pologne, en 1981, les adultes craignaient plutôt une invasion soviétique. Certes, à l’école, les cérémon

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Novembre 2019 - Causeur #73

Article extrait du Magazine Causeur

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