Pour démarrer la nouvelle année du bon pied, on se met à la page. Glamping est la contraction de glamour et camping. Causeur vous dit également tout sur la nouvelle tendance de la lingerie coquine « de bon goût » et sur le mobilier de la famille Thunberg.


Camper ou glamper ?

En balade dans une charmante station balnéaire des Côtes d’Armor, j’ai eu l’attention attirée par un panneau signalétique routier annonçant un « Glamping ». D’origine bretonne, je nous connais et je connais aussi l’effet du lambig, le calva autochtone.  J’avoue que c’est la première explication qui m’est bêtement venue à l’esprit. « Il » avait voulu écrire camping et « il » avait eu un léger dérapage. J’ai déjà vu ça en Grèce, la même ville annoncée avec deux orthographes différentes. Au deuxième panneau, j’ai eu un doute, je suis allée voir. Ce n’était pas une erreur, il y avait bien écrit glamping à l’entrée.

Après appel à Wikipédia, j’ai appris qu’un glamping est un camping glamour, « terme fabriqué par l’industrie touristique par la contraction de glamour ou glamorous et de camping ».

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Les glampings recouvrent des hébergements insolites, type cabane ou roulotte, tipi, yourte…  quelquefois des labels écotouristes, mais pas toujours. En fait, le concept semble assez flou. Pour les uns, c’est synonyme de grand luxe, pour les autres, c’est le retour aux sources.

Mon glamping, bien situé, bien aménagé, 651 € la semaine pour un bungalow de 24m2 avec terrasse pour un séjour début juillet 2020, ressemble étrangement au camping trois étoiles du coin où j’ai déjà eu l’occasion de séjourner, en famille, avec bonheur et tranquillité. Ce dernier affiche  605 € la semaine pour un bungalow de 26 m2 avec terrasse, toujours pour début juillet 2020. Rien donc de bien nouveau sous le soleil breton.

Un examen un peu plus poussé des publicités émanant des glampings  m’a appris que le glampeur est « en quelque sorte un campeur bobo, qui aime ce qui sort un peu de l’ordinaire, qui est un peu avant-gardiste mais qui souhaite une certaine qualité de vie, à qui il faut savoir proposer, en plus de l’originalité et du confort,  des services et prestations haut de gamme ». Dans la foulée, j’ai aussi découvert que le glamping, c’est une façon de retrouver « l’authenticité et la proximité avec la nature qui rapproche les gens » (?), « sans soirée karaoké ou élection de miss camping » (!) et avant tout « une hôtellerie de plein air où les mots font réellement sens ». Rien que ça ! J’en suis toute esbaudie.

Pigalle ou … quoi en fait ?

De retour à Paris, baguenaudant tranquille, j’ai repéré une boutique qui  annonçait via sa devanture une « lingerie coquine de bon goût ». Ce jour-là, le magasin était fermé pour cause d’inondation. J’ai donc eu le temps de rêver et d’imaginer. Que pouvait donc être une lingerie coquine de bon goût ? Vraisemblablement,  quelque chose de bien différent des dessous affriolants  (et de mauvais goût) des devantures de Pigalle. Et, sûrement pas des déguisements d’infirmières ou de soubrettes ! Mais quoi ? J’ai laissé le temps au plombier de passer et j’y suis retournée. J’ai eu une sorte de choc conceptuel. Parce que la coquinerie était vraiment, mais alors vraiment minimaliste. Ou peut-être était-ce un ready-made. Je ne sais pas trop. J’ai en effet découvert  une  petite culotte assez banale  « légèrement surannée et un rien froufroutante »,  brodée sur l’avant de la mention « Amoureuse ». Mais, attention,  il m’a été précisé que ce « délicieux » commentaire était  « issu de l’écriture manuscrite de sa créatrice » et  se déclinait en rouge ou en rose. Pour info, la broderie 100 % coton est élaborée avec soin dans un petit atelier parisien. Elle est personnalisable. Le lavage est délicat. Compter 63 € la culotte décorée.

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Le reste est à l’avenant : un « délicieux caraco (105 €)   en soie lavée ultra doux et soyeux  qui glisse sur la peau comme une caresse ! Sa coupe fluide et échancrée apporte à cette pièce une touche érotique à porter de jour comme de nuit. »

Et pour l’ambiance coquine et toujours  de bon goût, une bougie « amoureuse »  c’est-à-dire étiquetée « allumeuse », « fabriquée avec amour dans la région de Grasse qui se niche dans un écrin de papier vergé et se noue d’un ruban lui encore… personnalisable ! » 35 € la bougie  + 8 € pour la broderie sur l’emballage.

La tête m’en tourne.

Tous les Suédois ne vont pas chez Ikéa

Histoire de me requinquer, j’ai fait escale au bar en bas de chez moi. Le tavernier avait écrit de sa main, sur l’ardoise des menus : « Ce n’est pas la wifi qui connecte les gens, c’est l’apéro ». J’ai senti comme une bouffée de connivence.  Un Paris Match oublié traînait. Greta posait sur les genoux de sa maman. A voir le décor, la jeune fille à l’enfance volée a grandi dans un environnement de bon goût : chaise Egg de Jacobsen, fauteuil de Charles Eames. Le tout en cuir très fin mais sûrement vegan compatible. Ces sièges ne donnent pas l’impression d’être des copies. Ils valent donc au bas mot entre 6 000€ et 9 000 € la pièce. Tous les Suédois ne font pas dans l’Ikéa.

Paris Match
Paris Match

Je ne sais pas quelle insolence m’a prise, mais comme ça, d’un coup,  je me suis autorisée à me demander si Greta et ses parents faisaient du glamping et si madame Thunberg portait de la lingerie coquine de bon goût.

J’en ai honte. Du mauvais goût de ma part. Du mauvais goût très sûr.

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