Comme chaque année, les chaînes de télévision rivalisent d’inventivité pour entraîner leurs consommateurs dans la joyeuse danse de l’esprit de Noël. Si vous êtes seul et possédez un téléviseur, vous pourrez ainsi profiter, pendant les prochaines semaines, de Sauvez le Père Noël, de Je ne suis pas prête pour Noël , de l’inoubliable Coeur pour Noël , de l’entraînant Que la magie commence ou encore du poignant Le chien qui a sauvé Noël. Si vous avez la chance de passer les fêtes de fin d’année en famille, en revanche, voici une sélection de cinq films à préférer à la fausse fête donnée par Arthur et ses acolytes sur TF1… ou à éviter à tout prix.


Sonate d’automne

D’Ingmar Bergman (1978), avec Ingrid Bergman et l’excellente actrice Liv Ullmann.

La mère, diva légèrement défraîchie, débarque chez sa fille, nonne repentie, vivant près d’un fjord. Après les politesses, le diner à la suédoise, quelques cigarettes et une insomnie, mère et fille se retrouvent en pyjama dans la salle de séjour. Une bouteille de vin circule. Le mari écoute un instant à la porte mais se garde bien d’entrer. C’est un règlement de comptes d’une violence implacable, mené par la fille. L’éternelle question de la mère : « qu’est-ce que j’ai fait de travers ? » trouve sa plus parfaite réponse : « absolument tout ! » et Eva (Liv Ullmann) ajoute l’assassin « et en plus, je t’aimais ». Charlotte (Ingrid Bergman) reprend le premier train et se repoudre le nez, paisible, en apparence. Quelqu’un veut une clémentine ?

Snow Therapy

De Ruben Östlund (2014), avec Lisa Loven Kongsli et Johannes Bah Kuhnke dans le rôle d’un couple de touristes suédois (encore), en vacances d’hiver dans les Alpes françaises avec leurs jeunes enfants.

Tout se déroule à merveille, les paires de skis louées entrent tout juste dans le studio au sol humide, les nez coulent dans les mouchoirs et sur les manches, on déjeune au restaurant d’altitude – quand une avalanche survient. Personne n’est blessé, mais Ebba, la mère, est persuadée que Tomas, le père, n’a rien fait pour mettre les enfants à l’abri, s’est sauvé seul et le plus vite possible. Le couple se déchire autour de cette question. Les couples mariés regarderont leurs chaussures – en particulier les jeunes pères de famille. Et joyeux Noël, ma chérie !

8 Femmes

De François Ozon (2002), un classique du crêpage de chignon qui réunit Catherine Deneuve, Isabelle Huppert, Fanny Ardant, Ludivine Sagnier, Emmanuelle Béart, Firmine Richard et Danielle Darrieux.

Choc des générations, frustrations, transgressions, secrets de famille, cadavres dans les placards, polichinelles dans le tiroir, etc. 8 femmes aura peut-être le mérite d’instaurer la parité entre les convives : ni la grand-mère, ni la belle-fille, ni la nièce ne voudront plus se trouver ensemble dans la même pièce (en général, la cuisine).

Le Voleur

De Louis Malle (1967), avec Jean-Paul Belmondo, Charles Denner, Françoise Fabian… Au tour des garçons d’ouvrir les huîtres !

Georges Randal (Belmondo) revient sur sa carrière de voleur. Alors qu’il avait placé sa confiance, sa fortune et sa promise aux bons soins de son oncle, le temps de terminer ses études, il s’aperçoit à son retour que l’argent, la femme, et la confiance, sont partis aux quatre vents. Par dépit et par vengeance, il dérobe des bijoux et prend la fuite. Oncles et cousins, serrés sur le canapé, se tapent sur les genoux, se souviennent de celles qu’ils ont piqué aux uns et aux autres, puis, ne se souviennent plus tellement. Il vaut mieux se contenter de dire que c’est du cinéma – et du passé, tout ça ! En plus, c’est l’heure d’ouvrir les cadeaux.

Les Parents terribles

De Jean Cocteau (1948), inspiré de la pièce du même nom, avec Jean Marais, Yvonne de Bray, et Jean Cocteau lui-même à la voix off.

C’est une histoire de famille comme on ne pourrait pas en imaginer de pire. Un couple âgé, une vieille fille, un enfant choyé, un mère-poule, un mari délaissé. Lorsque le fiston devient enfin un homme, on fait les présentations, et là, surprise ! La jeune fille a déjà un vieil amant… le père délaissé. La boucle est bouclée, tout est prêt pour le massacre.

D’ailleurs, il faut débarrasser la table. Au revoir, à l’année prochaine !

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