Depuis quarante ans, l’Enseignement des langues et cultures d’origine (ELCO) assigne les enfants d’immigrés à l’identité de leurs ancêtres. Ultra majoritairement choisi par des familles turques ou maghrébines, ce dispositif sous-traite à des enseignants étrangers l’instruction des enfants. Enquête. 


Apprendre aux enfants la langue de leurs grands-parents : a priori, l’idée semble généreuse. La réalité, bien sûr, est plus problématique, et les Enseignements des langues et cultures d’origine (ELCO) ne cessent de faire polémique. « À l’école élémentaire, votre enfant peut recevoir un enseignement optionnel de langue vivante étrangère encadré et contrôlé par le ministère de l’éducation nationale » : ainsi commence le document distribué, ce printemps, aux parents d’élèves des écoles de France. Il s’agit d’un reliquat de l’ère Vallaud-Belkacem, l’une de ces demi-vérités qui furent sa marque de fabrique et dont hérite Jean-Michel Blanquer : la métamorphose inachevée des controversés ELCO, à mi-chemin entre Capharnaüm et Babel.

« Afin de faciliter leur réintégration éventuelle dans l’État membre d’origine »

Initialement, neuf pays, partie prenante du dispositif ELCO, recrutaient les professeurs à cette fin : le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, la Turquie, le Portugal, l’Italie, l’Espagne, la Serbie et la Croatie. L’objectif, défini par une directive européenne du 25 juillet 1977, était alors de « faciliter la libre circulation des travailleurs » et de

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Septembre 2018 - Causeur #60

Article extrait du Magazine Causeur

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