Alors que l’on assiste impuissants à la descente aux enfers de la civilisation européenne, des représentants de la diversité lucides sur nos maux pourraient être porteurs d’espoir…


L’attaque à la voiture bélier est un grand classique des films d’action. La vitrine vole en éclats et les alarmes sonnent dans un spectacle tapageur et scandaleux qui met en scène l’impuissance des victimes condamnées à voir leur magasin détruit et pillé. En matière de civilisation, les voitures béliers sont d’ordre moral et psychologique, elles visent les cœurs et les esprits de l’ennemi auquel elles font perdre l’envie de se défendre. A ce titre, la repentance, arme redoutable et silencieuse, a transformé l’Europe Occidentale en une sorte de bijouterie à ciel ouvert dont les gardiens ont jeté l’éponge.

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La fonction première de la repentance est de désarmer l’Europe Occidentale en tant que civilisation. La repentance est une grande machine à détruire les mythes et les croyances collectives qui permettent à un peuple de se regarder dans la glace sans vouloir se trancher les veines par honte et dégoût de soi.  En installant un complexe d’infériorité au plus profond des peuples, elle accomplit sa mission qui est d’étouffer à la racine toute velléité d’affirmation de soi. Elle a remplacé le péché originel d’Adam et Eve par une série de crimes inexpiables qui servent de prologue à une descente aux enfers de la civilisation européenne dont la seule vocation devient alors de réparer les offenses (donc de passer à la caisse) avant de laisser la place aux autres.

Au terme de trente ans d’intoxication quotidienne, l’Europe Occidentale est plus fragile que jamais. Elle est la proie de maladies opportunistes portées par des agents qui, en d’autres circonstances, auraient été balayés d’un revers de la main

Repentance à sens unique

Si la repentance aspirait vraiment au rétablissement de la justice, elle dénoncerait les Arabes et les Turcs pour avoir capturé, castré et abusé des millions d’Africains durant la traite négrière musulmane. Elle exigerait des Peuls qu’ils présentent des excuses à leurs voisins du Sahel et de Guinée pour les grands jihads du XVIII et XIXe siècle. Bien entendu, rien de cela n’est à l’ordre du jour car la repentance est une arme à sens unique qui n’a rien à faire de la justice.

Si la repentance était préoccupée par la recherche de la vérité, elle ferait preuve d’équilibre et de lucidité. Elle serait prudente et nuancée car chaque époque a été complexe et chaque camp a eu ses héros, ses justes et ses bourreaux. Qui demande justice pour les centaines de Français et de Musulmans vilement assassinés (dépecés, égorgés et brûlés vifs) par le FLN et la populace lors de la journée du 5 juillet 1962 à Oran ? Qui met la pression sur les autorités algériennes pour qu’elles assument leur responsabilité dans l’enlèvement de dizaines d’Européens dans les mois qui suivirent la déclaration de l’indépendance ? Qui fait campagne pour la reconnaissance de la tragédie des harkis sacrifiés par la France et martyrisés par une Algérie qui n’a pas su se montrer miséricordieuse envers des musulmans qui ne partageaient pas le projet du FLN ?

Maladies opportunistes

Si la repentance visait la réconciliation, elle commencerait par baliser le chemin qui mène vers le pardon. Or, force est de constater, que pardonner est le dernier des soucis des prêtres de la repentance qui conçoivent leur mission comme une punition collective, aveugle et éternelle qu’il est impossible de lever ni d’adoucir.

Délinquants, indigénistes, dé-colonialistes et salafistes sont en train de l’emporter parce que nous avons déposé les armes

C’est comme si un ennemi féroce s’acharnait à vous injecter, jour après jour, un venin composé d’un anesthésiant qui endort vos muscles et d’un acide qui consume vos entrailles. Au terme de trente ans d’intoxication quotidienne, l’Europe Occidentale est plus fragile que jamais. Elle est la proie de maladies opportunistes portées par des agents qui, en d’autres circonstances, auraient été balayés d’un revers de la main. La liste de ces pathologies opportunistes est malheureusement longue, deux d’entre elles cependant se distinguent par leur degré de toxicité. La première est le laxisme pénal qui consiste à capituler devant des sauvageons qui rient au nez des lois et des institutions. Une ultra-minorité d’éléments marginaux a juré de mettre fin à la civilisation des mœurs qui caractérise le mode de vie européen, et nous ne faisons rien à part assister, béats et apeurés, au retour de la violence et de la peur sur la voie publique. La deuxième maladie correspond à ce multiculturalisme haineux qui s’alimente de la victimisation. Il est le fait de petits groupes de militants, extrêmement déterminés, dont les arguments brillent par leur indigence. Conscients de notre débandade morale, ils ont la voie libre pour réintroduire le racisme le plus abject dans le débat public (en exigeant le droit d’organiser des journées sans « mâles blancs » à l’université par exemple). Leur modus operandi consiste à rendre naturel et inévitable des choses qui, il y a tout juste cinq ans auraient été risibles, comme affirmer que « le port du voile est un acte féministe ».

Vainqueurs par forfait

Délinquants, indigénistes, dé-colonialistes et salafistes sont en train de l’emporter parce que nous avons déposé les armes. Ils gagnent parce que nous refusons de monter dans le ring. Et nous sommes nombreux à déclarer forfait voire à applaudir l’inévitable avènement d’un nouveau monde multiculturel dont les prémisses ont tout d’un repoussoir et non d’une utopie. Dévitalisées et déshabituées à se battre, une partie des élites fait sienne le discours de haine et de mépris porté par les ennemis de la laïcité et de la concorde civile. Elles adoptent leur vocabulaire (blancs contre noirs, mâles contre femmes etc.) qui est en soi une arme de ségrégation massive. Elles chantent les louanges des différences (donc de la division) au lieu de promouvoir le métissage réel (celui des mariages mixtes). Elles participent à l’incendie de la maison commune au lieu d’éteindre les flammes.

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C’est ainsi que l’Europe Occidentale, entendue comme civilisation et mode de vie, est en train d’être abandonnée par ceux qui sont censés l’aimer et la protéger. Elle n’a jamais été aussi riche et aussi angoissée. Sa haute technologie ne lui est d’aucune utilité puisque le doute, le défaitisme et la dépression sont nichés dans les cœurs et les esprits de ses habitants. Intimés à s’agenouiller en permanence, les Européens se laissent intimider par des nains car tout semble grand et impressionnant aux yeux de celui qui est à genoux.

Heureux Italiens !

Il y a des poches de résistance et elles se retrouvent dans ces pays où l’Etat a été historiquement faible. Les Italiens ont échappé au lavage de cerveau (repentance et haine de soi) car ils ont toujours opposé à l’Etat une résistance tenace. L’Etat italien n’a jamais pu arriver à bout de l’informel, de la corruption et de la mafia, autant de contre-pouvoirs forts à toute velléité de contrôle social. Rome peut décréter la repentance si ça lui chante, les Italiens ne sont pas près de lui obéir comme ils ont du mal à respecter spontanément le code de la route ou les règlements d’urbanisme. La RAI (audiovisuel public) peut se spécialiser dans l’autoflagellation, les Italiens échappent à son emprise car ils ont l’habitude de regarder une myriade de télévisions locales qui passent tout et n’importe quoi (et ce « désordre » n’est pas soumis à une ligne éditoriale venue d’en haut). Le Ministère de l’Intérieur ou de la Justice peuvent décréter que les Italiens doivent tendre l’autre joue en cas d’agression, la mafia annulera cette prédisposition généreuse immédiatement car c’est elle qui a le contrôle de la rue donc de la voie publique qui est l’espace démocratique par excellence. En somme, les Italiens sont immunisés contre la repentance par la faiblesse de leur Etat. Tout ce qui nous exaspère en Italie, tout ce qui rend ce pays compliqué à nos yeux, tout cela éloigne les Italiens du piège où leurs voisins français sont tombés. Pour soumettre les Italiens, il faut contrôler à la fois Rome, le Vatican, les communes, les régions et la mafia : mission impossible.

Une partie du peuple français a échappé au lavage de cerveau. Elle vient notamment de la Diversité

Pour apprivoiser les Français, il suffit de conquérir Paris c’est-à-dire la Rue de Grenelle (Education Nationale) et les berges de la Seine (siège des grandes télévisions). La gauche morale l’a fait : il lui suffit désormais d’appuyer sur le bouton et ses prescriptions descendent jusqu’aux profondeurs de l’âme des Français. En Italie, le bouton est cassé par définition.

Une partie du peuple français a échappé au lavage de cerveau. Elle vient notamment de la Diversité. C’est peut-être parmi ces milliers de jeunes d’origine étrangère qu’il faudra recruter les porte-drapeaux du renouveau français. Eux au moins voient encore ce que leurs yeux voient. Ils s’autorisent encore une spontanéité et un courage physique interdits au reste de la population. Ce n’est pas un hasard si on retrouve autant d’extra-communautaires au sein des forces de police, de l’armée et de l’administration territoriale c’est-à-dire au contact des réalités les plus dérangeantes de la société française.

Ahmed Merabet (1974-2015), héros et Français de branche

J’aurais donc pour conclure cet article une pensée émue pour le gardien de la paix Ahmed Merabet (abattu par les Kouachi, 2015), au parachutiste Imad Bin Ziaten (victime de l’assassin Merah, 2011) et à tous ces anonymes qui marchent sur une mine au Sahel au nom de la liberté.

Le sacrifice de ces Français de branche comme on dit est peut-être la première étape d’une renaissance de l’esprit français. C’est un rappel au reste de la population de ses devoirs et des dangers qui l’encerclent. Et ce n’est pas la première fois que la guérison du malade aura commencé par ses marges. Oui, la Diversité est une richesse quand elle s’autorise le courage et la lucidité.

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