Selon cette tribune, la démocratie disparaitrait en douceur et par consentement populaire


Nous y sommes. L’État a franchi le seuil qu’il n’avait jamais osé outrepasser. Il se mêle désormais de la vie des entreprises jusque dans l’agencement des bureaux, le comportement des personnes… Non seulement il rend le masque obligatoire dans les bureaux, les ateliers, les écoles, les chantiers, sauf dérogations minutieusement stipulées… mais il dicte ce qu’il faut faire dans les open spaces, les salles de réunion, les espaces de circulation, les lieux de restauration collective, les vestiaires etc.  Il nous impose le masque dans les rues, il impose de la distanciation à l’Église et au cinéma, mais pas dans le train ! Demain, il pourra nous dire comment se placer à table chez nous, interdire les chambres communes aux enfants, peut-être gérer la vie des couples…

Après avoir créé la panique et avoir empêché les entreprises de fonctionner, l’État a fait en sorte qu’elles puissent emprunter pour survivre, mais maintenant que sonne l’heure des comptes, il pose ses conditions. Il est d’accord pour leur accorder de nouveaux prêts participatifs, des subventions, du capital, des réductions de charges… mais sous conditions. Il les tient dans sa main et entend leur dicter l’avenir : « Il y aura des contreparties, notamment environnementales, dit Bruno Le Maire. Ces prêts devront promouvoir la décarbonation et la bonne gouvernance » (Interview Les Échos 25/08/20).

Les hommes politiques se couvrent…

Pourtant, toutes ces contraintes s’instituent au nom d’un virus qui ne tue guère les jeunes et les actifs puisqu’il a été constaté qu’au moins 92% des cas de Covid-19 décédés étaient âgés de 65 ans, les 8% restants concernant plus particulièrement les personnes atteintes de maladies qui les rendaient fragiles (obésité, diabète…). Alors pourquoi entraver l’activité ? Parce que les actifs ou les jeunes peuvent être malades, un  peu plus que dans le cadre d’une bonne épidémie de grippe ! Est-ce raisonnable ? Certes, les hommes politiques ont peut-être agi ainsi pour se couvrir. Ils voulaient éviter de souffrir des poursuites judiciaires comparables à celles du sang contaminé. Mais met-on un pays à bas pour limiter sa responsabilité ? En devenant d’ailleurs responsable de la catastrophe économique et sociale qui se profile. Hélas, on peut craindre plutôt qu’ils aient agi ainsi parce que la politique en est naturellement et insensiblement arrivée, au niveau mondial ou presque, au point d’abaissement que nous annonçait Tocqueville.

Dans un texte très connu et qui néanmoins mérite d’être rappelé, Tocqueville prévoyait ce temps,

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