BoJo était de passage à Paris à l’occasion de la publication de ses mémoires. L’ancien Premier ministre britannique a reçu Causeur pour évoquer le Brexit, la politique migratoire de ses successeurs et l’importance de la culture classique pour notre identité européenne. Sans oublier ses relations avec Emmanuel Macron et la sagesse de la reine Elizabeth…
Boris Johnson est l’homme du Brexit. Né en 1964, il fréquente l’École européenne de Bruxelles et le lycée privé très sélect d’Eton, avant de décrocher un diplôme en lettres classiques à l’université d’Oxford. Il entame ensuite une carrière de journaliste notamment comme correspondant du Daily Telegraph à Bruxelles, où il donne libre cours à son euroscepticisme, et ensuite comme rédacteur en chef du prestigieux magazine The Spectator. En 2001, il est élu député conservateur pour la première fois, mandat dont il démissionne en 2008 pour devenir maire de Londres. Après deux mandats à ce poste, il est réélu député en 2015 et, l’année suivante, lors du référendum sur le Brexit, il est la figure de proue de la campagne victorieuse contre l’UE. Nommé ministre des Affaires étrangères par Theresa May, il démissionne en 2018 pour protester contre la politique de sortie de l’UE menée par cette dernière. Quand May démissionne en 2019, Johnson la remplace comme chef de parti et Premier ministre. Il réussit à négocier un accord avec l’UE et triomphe aux élections générales de décembre. Fin 2021 éclate le scandale du « Partygate », où il se voit accusé d’avoir toléré des rassemblements festifs à Downing Street et ailleurs en contravention des restrictions sanitaires imposées par son gouvernement pendant la pandémie. Après les démissions en cascade de ses ministres en juillet 2022, il est contraint d’annoncer sa propre démission. Un an plus tard, une commission parlementaire le condamne sévèrement pour avoir – selon elle – fait des déclarations trompeuses devant la Chambre des communes. Dénonçant une parodie de justice, il renonce à son mandat de député. Il vient de publier chez Stock Indomptable, où il livre sa vérité sur ses années au pouvoir.
Causeur. De nombreux citoyens, notamment dans les régions « laissées-pour-compte », qui ont voté pour quitter l’UE en 2016 et qui vous ont élu triomphalement en 2019, voulaient moins de mondialisation et plus de protectionnisme. Tandis que les politiques qui, comme vous, ont fait campagne pour le Brexit prônaient plus de mondialisation. N’y a-t-il donc pas une contradiction flagrante au cœur du Brexit ?
Boris Johnson. Ce dilemme a bien été soulevé au cours de la campagne elle-même. Mais que voulaient les gens au fond ? Reprendre le contrôle. C’est la promesse que nous leur avons faite, et cette promesse, nous l’avons tenue. Prenez l’exemple de l’immigration. Il y a eu beaucoup de plaintes au sujet de l’augmentation dramatique des arrivées légales sur le sol britannique en
