Le dernier roman de Benoît Duteurtre, En marche !, dessine avec virtuosité les derniers contours en date du totalitarisme soft des démocraties de marché et nous emmène dans un voyage terrifiant et drôle en Rugénie.


On sait qu’Emmanuel Macron n’accorde plus d’entretien aux journalistes le 14 juillet. Le président, pour justifier cette décision, argue de « sa pensée complexe » et renvoie dans les ténèbres extérieures les citoyens incapables de saisir les subtilités dialectiques du « en même temps », devenu le mantra du nouveau pouvoir.

Pour le coup, un président ne devrait pas dire ça. C’est le privilège des bons écrivains, lapensée complexe. Et Benoît Duteurtre, critique aigu et subtil de notre démocratie spectaculaire, le prouve à chaque livre. Autant un homme politique a le devoir d’envoyer des signaux clairs, explicites, qui permettent de le situer à droite ou à gauche pour éviter de nourrir la confusion chez les électeurs, autant l’écrivain doit éviter de se ranger derrière un étendard idéologique et s’efforcer de rester insaisissable, attaquant là où on ne l’attend pas, changeant sans

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Décembre 2018 - Causeur #63

Article extrait du Magazine Causeur

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