Les pleureuses hypocrites 


La patrie est-elle en danger ? De féroces soldats viennent-ils dans nos campagnes égorger nos fils et nos compagnes ?

À l’enterrement de Griveaux, ils étaient tous là. Lui devant et eux derrière. Chacun avec sa couronne, chacun avec ses larmes. Oui tous : Anne Hidalgo, Cédric Villani, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Stanislas Guérini, Clémentine Autain, Sibeth Ndiaye, Rachida Dati. En réalité, ils en ont – pour reprendre une expression qui s’impose – rien à branler de Griveaux!

Ce qui lui arrive est à l’évidence injuste et immérité. Le seul mal qu’il a fait, il l’a fait à lui-même et à son épouse. Reste qu’à ses obsèques, il n’y avait que des faux-culs. Leurs indignations et leurs protestations sont surjouées avec une part de cabotinage non négligeable. Le bourreau de Griveaux, saint et martyr, est nommé par eux : les réseaux sociaux qui amplifient, déforment et calomnient. On comprend qu’ils en aient peur : un piège est si vite arrivé.

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Mais ces réseaux sociaux, voués aux gémonies, ils s’en servent toutefois abondamment. Pour poster les vidéos de leurs campagnes et leurs discours. Certes pas pour des vidéos sexuelles ou des conversations à tonalité érotique. Et quand ça les arrange, ils crachent sur Twitter, Facebook ou Snapchat.

Ils ont bien sûr, tout comme Griveaux, droit à leur vie privée. Mais une personnalité politique est plus exposée aux projecteurs qu’un citoyen lambda. Vie privée, vie publique, la frontière est facile à franchir. Les projecteurs ils les veulent et les désirent. Parfois, et c’est pas de chance et c’est injuste, les projecteurs éclairent la face intime ou obscure de leur personnalité.

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Voilà pourquoi la France a vécu avec eux un moment très singulier d’union nationale. Voilà pourquoi ils étaient tous présents aux obsèques de Griveaux. Et pourquoi pas ? Mais on aimerait qu’ils se mobilisent avec autant de ferveur pour d’autres occasions.

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