À peine nommé à Matignon, François Bayrou doit gérer la crise à Mayotte. Il entend cependant se libérer du temps pour composer un gouvernement resserré « de personnalités » d’ici Noël. Il annonce qu’il sera « un Premier ministre de plein exercice et de complémentarité ». Explications.
Nous assistons là, avec l’entrée dans l’écurie Matignon de qui vous savez, à la promotion d’un matériel tout à fait particulier, la roue de secours. Mais une roue de secours singulière, à peu près adaptable à tout modèle, de toute marque, toujours prête à servir sous le premier pavillon venu. On vit la recrue nouvelle remplir cet office dans la team Royal, en 2007, sans véritable succès, il est vrai. On assista de nouveau à une prestation du même ordre, visant en l’occurrence à faciliter la victoire de l’équipe Hollande. C’était en 2012. Cette fois avec un peu plus de réussite, mais, on s’en souvient, un bilan de course des plus calamiteux au franchissement de la ligne, la sauce hollandaise ayant rapidement viré vinaigre.
De nouveau, nous retrouvons notre pièce de recours au départ du grand prix de 2017, écurie Macron en la circonstance. Et là, le franc succès. La couronne de lauriers au cou du plus jeune compétiteur de tous les temps et l’Élysée pour paddock. Le jackpot. De quoi se sentir digne d’un tout autre rôle que celui d’une banale option d’assistance. De quoi se dire qu’il n’est que temps que la roue – l’autre, celle du destin – tourne enfin.
Mais il faudra là encore faire preuve de patience. Une bien longue patience. Sept ans. Sept ans à rouler pour rien ou
