Chère Elisabeth,

Je suis comme toi attaché à la liberté d’expression. Je suis très sensible à la beauté d’un ciel étoilé. J’adore le bruit des vagues qui s’allongent sur le sable. J’aime également beaucoup le chant des oiseaux. Autant dire que clamer son attachement à la liberté d’expression, c’est enfoncer des portes déjà largement ouvertes.

Tu déplores que les comptes YouTube d’Alain Soral et de Dieudonné aient été fermés. La censure t’horripile. Et je comprends que tu redoutes qu’elle s’applique, une fois en marche, à d’autres. Toi, moi, tous ceux qui ne pensent pas bien.

Là où je ne te suis plus

Jusque-là je peux sans trop de mal te suivre. Là où je ne te suis plus, c’est quand tu sous-entends que la liberté accordée à Mila vaut également pour Soral. Quel rapport y a t’il entre une gamine qui a trouvé légitime qu’on mette un doigt dans le cul du Prophète et un personnage dont le fonds de commerce est la haine glauque et meurtrière des Juifs ?

Reste que comme toi je souhaite que Soral et Dieudonné puissent s’exprimer. Mais mes raisons ne sont pas les tiennes. Moi je veux que les égouts – leur domicile – restent ouverts. Il est d’utilité publique qu’on puisse voir ce qu’il y a dedans. 

>>> Relire notre couverture de l’affaire Mila <<<

Je m’arroge le droit, et j’espère que tu ne me le contesteras pas, de choisir les victimes pour lesquelles j’ai de la compassion. La mort d’un papillon ou d’une libellule me rend triste. Celle d’un cloporte ou d’un cancrelat me laisse froid.

Je tiens Soral et Dieudonné pour des onanistes compulsifs. Il est vrai toutefois qu’ils se branlent en public. Ils vomissent et ça les fait bander. On applaudit leurs vomissures et ils jouissent.

Mon différend à moi

Ils me font irrésistiblement penser à ce personnage qui un soir de la Saint-Sylvestre se retrouve seul chez lui. Il ouvre son frigo, empoigne une bouteille de coca. D’une main il boit au goulot. L’autre est beaucoup plus bas. Et au moment de l’épectase, il s’écrie heureux : « Ah, le champagne et les femmes ! »

Pour être tout à fait honnête, je ne veux pas te cacher que j’ai un petit différend personnel avec Soral. Un jour j’avais écrit un article qui ne lui voulait pas du bien, il me consacra un texte sur son site Egalité et Réconciliation. Il me faisait savoir qu’il voulait m’écarter les cuisses et m’enculer sans vaseline. C’était plutôt banal. La suite fut plus originale. Il se demanda si ma sensibilité juive ne venait pas du fait que ma famille « avait péri par combustion en Pologne ». Je suis donc totalement et violemment subjectif concernant Soral. Et je pense, chère Elisabeth, que tu peux le comprendre.

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