La basketteuse américaine, vedette de l’équipe Fever de l’Indiana, a créé la polémique cette année en déclarant que les compétitions féminines devraient être réservées aux femmes biologiques. Cet été, une autre polémique a été lancée après qu’une joueuse afro-américaine, expulsée pour avoir commis une faute sérieuse à l’égard de Cunningham, a posté sur X, « White privilège ».
Jusqu’à l’entame de cet été plusieurs fois caniculaire, il fallait être passionné de basket féminin, ce qui n’est pas vraiment mon cas, pour connaître l’existence de Sophie Cunningham. Elancée – un avantage quand on tâte du ballon orange -, blonde et blanche – peut-être un désavantage dans ce même sport -, elle évolue au Fever de l’Indiana, franchise située, comme son nom l’indique, dans cet Etat du Midwest bordé au nord par le Lac Michigan et s’ouvrant au sud sur l’Amérique profonde.
Le 22 juin, lors d’une rencontre opposant son équipe au Phoenix Mercury, elle pointa du doigt, durant de longues secondes, une de ses adversaires du jour, DeWanna Bonner, après que celle-ci prit à partie Caitlin Clark, équipière de Sophie Cunningham. La scène a rapidement tourné sur les réseaux sociaux – c’était à l’époque où Hamza la Douane (la « terreur » du canal Saint-Martin) était érigé en star absolue de ceux-ci – et le geste est devenu un mème.
Et quand le signifié s’ajoute au signifiant, dans une époque où l’on surinterprète volontiers à tort et à travers, certains ont vu dans le doigt accusateur une charge contre le wokisme, voire une réplique au genou à terre du mouvement Black Lives Matter. J’avais moi-même commencé à rédiger quelques lignes sur le sujet, avant de me raviser, finalement convaincu que tout dans l’existence ne doit pas être analysé sous l’angle politique : en définitive, Sophie Cunningham n’avait fait que défendre une co-équipière ciblée par l’équipe adverse, ce qui en faisait une Amie avec un grand A, comme Fanny Ardant le fut au moment de défendre Roman Polanski lors d’une tumultueuse cérémonie des César.
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Seulement, l’histoire a rebondi aussi rapidement qu’un ballon sur un parquet de basket. La même Sophie Cunningham, cette fois-ci embarquée malgré elle dans une nouvelle polémique, fut victime, le 8 août, d’une manchette de la part de DiJonai Carrington, logiquement exclue pour le vilain geste qu’elle venait de commettre. Mais au lieu de faire amende honorable, la joueuse du Sky de Chicago, surprise d’être contrainte par l’arbitre de quitter le parquet, s’est érigée en victime sur ses réseaux sociaux et y alla d’un message aussi laconique que plein de sens : « privilège blanc« .
Enchaînant les commentaires comme les paniers à trois points, Sophie Cunningham n’a pas pu s’empêcher de réagir à l’attaque pleine de sous-entendus : « Cela n’a rien à voir avec la couleur de peau. J’ai fait la même chose l’année dernière et j’ai aussi été exclue. C’était mérité ; il n’y a aucune raison d’avancer cet argument ». Nous serons quant à nous un peu moins politiquement corrects dans notre réaction aux propos de DiJonai Carrington dégoulinant de racisme anti-blancs – vous savez, celui qui n’existe pas selon la gauche – et nous lui répondrons que le « privilège blanc » le plus répandu aujourd’hui est sans doute celui de se faire agresser, sur les terrains de sport comme dans la rue.
Comme si cela ne suffisait pas, Sophie Cunningham, chez qui le verbe est aussi franc que le lancer, a déclaré, dans une interview enregistrée en mars et diffusée fin juillet sur ESPN, que « les jeunes filles dans le sport ne devraient pas affronter des hommes biologiques ». Ces propos, qui semblent relever du plus élémentaire bon sens, ont valu à la joueuse une volée de critiques et de réactions indignées, dont celle de Stefanie Dolson, joueuse du Storm de Seattle, qui s’est empressée d’arborer dans la foulée un t-shirt de soutien à la cause trans. Soulignons que dans un autre sport, où la balle est plus petite et jaune, Aryna Sabalenka, numéro un mondiale de tennis, a récemment déclaré être favorable aux tests de féminité imposés par la WTA.
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Afin de calmer le jeu, ce qui n’est certes pas dans sa tempétueuse nature, Sophie Cunningham a indiqué vouloir se concentrer sur les résultats de son équipe qui pointe actuellement à une prometteuse cinquième place au classement de la WNBA. Et si tout ne doit pas être politisé, on vous avoue souhaiter que le Fever de l’Indiana coiffe les lauriers en fin de saison, par sympathie pour sa joueuse la plus en vue. A l’instar de l’actrice Sydney Sweeney il y a un an, elle a déjà remporté le titre de vedette anti-woke de l’été.
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