Contre Marine Le Pen, le « centre mou » d’Edouard Philippe offre une fausse sécurité, estime notre chroniqueur.
Marine Le Pen est candidate à l’élection présidentielle et, si elle l’emporte, Jordan Bardella sera son Premier ministre. Depuis le pari audacieux de son pourvoi en cassation, une enquête d’opinion la voit écraser Jean-Luc Mélenchon et battre Édouard Philippe et Gabriel Attal. Dans le bloc central, justement, qui cherche à sauver un peu de macronisme tout en s’en détachant, malgré une campagne dynamique, Gabriel Attal paraît distancé par Édouard Philippe. La force et la faiblesse de ce dernier sont indéniables. Il n’est pas véritablement désiré et son programme, annoncé massif, ne suscite pas l’enthousiasme parce que le candidat a une manière de le présenter qui ne le met pas véritablement en valeur. On n’oublie pas que sa personnalité politique d’aujourd’hui a gardé en elle, malgré l’hostilité du président à son égard, encore un peu du Premier ministre d’hier et, plus profondément, un zeste de mollesse roide héritée d’Alain Juppé. Ce qui fait son succès actuel dans les sondages est qu’il apparaît d’abord comme le seul susceptible de pouvoir vaincre Marine Le Pen au second tour. Cet avantage n’est pas décisif. Même si la finalité d’une victoire sur le RN est prioritaire chez les jouteurs plausibles, elle ne suffit pas à elle seule à rassurer : il faut encore de la compétence, du courage et de l’audace. En réalité, il est piquant de constater que l’avancée d’Édouard Philippe tient surtout au consensus d’une certaine droite et du centre pour nous le « vendre ». De manière honteuse, comme Laurent Wauquiez, qui n’a de cesse de faire tout ce qu’il peut pour fragiliser Bruno Retailleau. Sur un mode apparemment serein, comme Gérard Larcher, qui continue à souhaiter qu’au début de l’année 2027, la droite et le centre aient un candidat unique. Ce qui risquerait d’exclure Bruno Retailleau puisque M. Philippe ne veut pour rien au monde participer à une primaire qui, pourtant, pourrait avoir de l’allure avec, par exemple, David Lisnard.
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Face à ces calculs politiciens qui, en définitive, n’ont pour but que de favoriser l’émergence d’un centre mou venant attiédir la droite, Bruno Retailleau a opposé, le 8 juillet, dans le journal télévisé de Léa Salamé, un message de courage, de vérité et de constance. On voudrait tellement qu’il pliât et abandonnât la certitude qu’une droite de rupture aurait paradoxalement ses chances face au RN. Certes, nous ne sommes plus en 2007 et le RN est puissant, mais la confrontation demeurerait salubre. Ceux qui resteront dans un registre classique en 2027 ne viendront pas se plaindre d’un quinquennat décevant !
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