La promotion des médaillés du 1er janvier de cette nouvelle année nous a réservé une jolie surprise. Ce n’est pas l’Ordre national de la Légion d’honneur qui a retenu notre attention mais celui, tout aussi national, du Mérite. On y a en effet découvert le tennisman Jo-Wilfried Tsonga, qui serait ainsi récompensé pour son autre médaille, obtenue à Londres l’été dernier aux Jeux Olympiques.

Il semble évident que cette promotion n’ait pas été visée à Matignon. On ne peut en effet pas imaginer une seule seconde que Jean-Marc Ayrault, qui a fait de l’émigration fiscale un cheval de bataille et avait, à ce titre, interpellé Gérard Depardieu et son « comportement minable », ne puisse accepter que Tsonga reçoive ainsi les honneurs de la République. Car Tsonga n’a pas attendu la fameuse taxe à 75% -laquelle, d’ailleurs, n’existe plus- pour prendre le chemin de la Suisse. Il l’a fait aussitôt ses premiers gros gains sur le circuit international de la petite balle jaune ; ce qui ne l’empêchait d’ailleurs pas de donner, à l’occasion des leçons de solidarité nationale à la Fédération Française de Tennis comme nous l’avions expliqué ici en mai 2010.

On a beau avoir regretté aussi le départ de Depardieu pour la Belgique, on ne peut que constater que, de son point de vue, l’acteur a été beaucoup plus patient que Tsonga. Ce dernier n’est d’ailleurs pas le seul tennisman français à apprécier les montagnes suisses au point d’y fixer sa résidence. On renverra volontiers, à cet égard,  à une émission d’Action discrète. En attendant, je vouerai reconnaissance éternelle au premier journaliste qui interrogera le Premier Ministre : « Dans l’échelle du minable, comment situez-vous le comportement de Jo-Wilfried Tsonga, lequel sera pourtant décoré par votre gouvernement, de l’ordre national du mérite ? »

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