Quand il s’agit de parler des banlieues et des musulmans, le réalisme disparaît, remplacé par des chimères humanistes ou, au contraire, vengeresses et vindicatives.


La simple évocation de la nécessité d’une réconciliation avec une majorité de musulmans rencontre l’incrédulité et le déni ou au contraire réveille la haine. Les uns estimant qu’il n’y a pas urgence et que, en réalité, l’islam ne pose aucun problème à l’Europe et qu’il n’y a pas de danger dans cette immigration de masse qui apporte ses propres valeurs. Les autres refusant d’entendre l’ambivalence de toute une population, plus diverse qu’il n’y paraît et composée d’êtres humains semblables à tous dans leurs aspirations et leurs failles, malgré une communautarisation nouvelle et spectaculaire.

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Les réseaux sociaux abritent l’anonymat des ressentiments 

Les réseaux sociaux qui apportent des informations précieuses et introuvables ailleurs abritent également l’anonymat des ressentiments. Visiblement, il est plus facile de s’indigner et de dénoncer que d’entendre la possibilité de solutions à une crise majeure. Entre ceux qui veulent l’élimination et ceux qui proposent l’accueil sans limites, la discussion n’est plus possible, ni même souhaitée, les intentions véritables des uns et des autres restant hors de l’expression et même parfois de la conscience.

Le réalisme semble hors de portée, remplacé par des chimères humanistes ou, au contraire, vengeresses et vindicatives. On ne parvient même plus à faire la différence entre une immigration de masse hors de contrôle et la présence des minorités sur notre sol. La crise des banlieues appelées par les uns quartiers populaires et par les autres territoires perdus ou zones de non-droit prouve bien par le vocabulaire lui-même bien ce que j’appelle depuis longtemps « la guerre civile dans les têtes ».

Chacun choisit son bouc émissaire

Chacun ignore ou refuse de voir la complexité d’une situation rendue pour le moment insoluble par la multiplicité des responsabilités et se choisit tel ou tel bouc émissaire. Ce qu’on finit par oublier c’est le désastre actuel d’une société en proie à toutes sortes de maladies, depuis la violence plus ou moins visible des relations familiales et institutionnelles, la peur de complots réels ou imaginaires entrainant la haine des uns pour les autres, les dépressions silencieuses et étouffées et enfin la disparition de la confiance entre d’une part des segments entiers de la nation et d’autre part entre des dirigeants et une population soumise à des aléas qu’elle ne maîtrise pas.

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