Play, signé par le Suédois Alexandre Ekman, est un spectacle repris par le Ballet de l’Opéra de Paris sept ans après sa création. Et c’est regrettable.
Fallait-il reprogrammer Play, spectacle chorégraphique créé il y a sept ans à l’Opéra de Paris ? Poser la question, c’est y répondre ! Toutefois, cette production, aussi aimablement creuse qu’elle est spectaculaire, fonctionne parfaitement sur un public qui semble totalement dépourvu de discernement et qui l’acclame. En ces temps où la gestion financière d’un théâtre peut aisément primer sur la valeur artistique de ce qu’il offre, tourner le dos à l’intelligence en affichant un spectacle racoleur ne pose guère problème puisqu’il s’agit avant tout de remplir les caisses de l’Opéra.
Un sentiment vertigineux
Tout en faisant appel au travail d’improvisation de ses trente-cinq interprètes du Ballet de l’Opéra de Paris, dont la bravoure et l’excellence technique sont assurément dignes d’éloges, Ekman a monté avec Play une grosse et coûteuse machine apparaissant comme un véritable catalogue de ce qui s’est fait sur scène durant ces dernières décennies. S’ouvrant sur ce qui pourrait n’être rien d’autre qu’une séance d’aérobic à laquelle participent tous les danseurs, le spectacle empile des séquences sans queue ni tête et sans autre ambition apparente que de meubler l’espace et le temps. Pour ce faire, Ekman a puisé
