A l’approche du Forum économique mondial de Davos, le président américain Donald Trump confirme ses vues protectionnistes.


Le président Trump fait ce qu’il avait promis de faire et utilise ses pouvoirs présidentiels propres, sans passer par les assemblées, pour sauver l’industrie de son pays, quand elle est menacée de disparition par des concurrences étrangères déloyales. Un bon sens introuvable à Bruxelles.

Soutenu politiquement par l’aile gauche des démocrates (Bernie Sanders), il impose au Canada une renégociation de l’Accord de Libre-échange nord-atlantique (Alena). On ne sait pas encore clairement ce qui est visé. On apprend maintenant que le président des Etats-Unis a approuvé en début de semaine l’instauration de taxes douanières sur les lave-linge et les panneaux photovoltaïques.

Whirlpool, parce que l’Amérique le vaut bien

L’administration fédérale avait été saisie par le fabricant américain de lave-linge Whirlpool, qui subissait de plein fouet la concurrence des coréens LG et Samsung. Ces derniers auraient tenté d’abuser l’administration américaine en changeant sans cesse la localisation de leurs productions pour feinter les droits de douane. S’appuyant sur la recommandation de l’International Trade Commission (ITC, comprenant des élus démocrates et républicains), cela conduit immédiatement à taxer à 20 % les premiers 1,2 million de lave-linge importés, puis à 50 % au-delà. Taxation protectrice et contingentement. Le patron de Whirlpool, saluant « une victoire pour les travailleurs américains et aussi les consommateurs », a promis des embauches industrielles dans le Midwest et les Appalaches.

A lire aussi: Les Etats-Unis convertis au libre-protectionnisme

Pour les panneaux solaires, la taxation de 30 % vise les producteurs chinois pendant un an mais diminuera de 15% sur les trois années suivantes. Et donc demeurera de 15%, le temps que l’entreprise en faillite Suniva et la filiale américaine du groupe allemand Solar-World puissent se réorganiser : une multiplication par six des importations chinoises en cinq ans, avait conduit à un effondrement des prix.

Une « clause de sauvegarde générale » pour les industries nationales

Dans ces deux affaires, l’administration Trump a invoqué une « clause de sauvegarde générale », pour les industries nationales qui prouvent qu’elles subissent « un grave préjudice » dû à l’envolée des importations abusives, conformément à une loi de 1974, utilisée notamment en 2002 par George W. Bush pour défendre l’acier américain. Mais il avait dû retirer quelques années plus tard cette mesure sur demande de l’OMC. Après le solaire et les lave-linge, Donald Trump envisage à présent de protéger son pays des importations d’acier et d’aluminium chinois au motif de sécurité nationale (loi de 1962).

Des journalistes, ignares en droit, croient devoir souligner que ces lois ne sont pas souvent appliquées. Ce qui, pour tout juriste spécialiste en droit économique, est une appréciation stupide. Les mêmes avaient jugé que Donald Trump renonçait à son plan de Border Adjustement Tax

En attendant Davos…

Fascinés par les facéties d’un président surprenant (mais très américain low middle class), des observateurs économiques superficiels avaient déduit de l’année 2017, au cours de laquelle Donald Trump n’a pas pris de mesures spectaculaires si ce n’est la sortie du Traité transpacifique de libre-échange, que le président resterait tempéré dans son approche du commerce. Donald Trump le brise-glace s’est remis en route et tient son cap.

Réponse française ? Les fastes de Versailles, le champagne servi par les contribuables et les discours en anglais de Jupiter capitolin ivre de lui-même. Nous verrons vendredi à Davos qui pèse le plus lourd d’Emmanuel Macron ou de Donald Trump…

Lire la suite