Il aura suffi d’un prétexte…


Comme si elles n’attendaient que ça – et sans doute est-ce le cas. À l’heure où j’écris ces lignes, on est bien loin d’un « nouveau 2005 », mais il est impossible d’exclure le risque d’un embrasement des banlieues séditieuses où prospère le communautarisme musulman. Maurice Berger a écrit sur le sujet un excellent article dans le dernier numéro de Causeur, j’en parlais moi aussi il y a peu, en évoquant l’hypothèse d’un état de siège.

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J’ai dit « prétexte ». À Villeneuve-la-Garenne, samedi soir, un « jeune » en deux-roues a heurté une voiture de police, ou a été heurté par une voiture de police. Il aurait une fracture de la jambe, peut-être une fracture ouverte. Aussitôt, l’extrême-gauche et les « banlieues » s’excitent sur les réseaux sociaux, affirment que les policiers auraient volontairement sectionné la jambe d’un pauvre innocent d’un coup de portière. Simultanément les mêmes mouvances, souvent les mêmes personnes, dont des diplômés de Sciences-Po qui militent plutôt que de réfléchir et des journalistes (ou auto-proclamés tels) qui militent plutôt que d’informer, parlent d’un autre « jeune » tué par la police à La Courneuve. On verra que la vérité est tout autre. Apparaît le hashtag #Mortsauxporcs (on appréciera la faute de grammaire) appelant à attaquer partout la police et les policiers, nécessairement coupables, nécessairement racistes, nécessairement fascistes.

Linda Kebbab “bougnoule de service”

Deux fonctionnaires de police semblent alors concentrer une haine emblématique : Linda Kebbab et Abdoulaye Kant, traités de « bougnoule de service » et « nègre de maison » par ceux, toujours les mêmes, pour lesquels une Maghrébine et un Noir n’auraient pas le droit de servir l’idéal républicain. Ultime mensonge tenant lieu d’argument : « jamais les Blancs ne vous considéreront comme faisant partie des leurs. » Encore l’obsession raciale, et une contre-vérité manifeste : ce ne sont en l’occurence ici pas des Blancs qui renvoient massivement et presque systématiquement à leurs origines Linda Kebbab et Abdoulaye Kant, mais aussi Zineb El Rhazoui, Lydia Guirous, Zohra Bitan, Jean Messiha, Eric Zemmour ou Fatiha Boudjahlat.

Depuis, les explosions de violence se propagent, Rouen, Asnières, Aulnay, Saint-Denis… et la nuit dernière un commissariat de Strasbourg (quartier de la Meinau) a été attaqué à coups de cocktails molotovs et aux crix de « Allahu akbar », dont il faudra bien admettre qu’il est désormais séditieux. Et que si l’on appelle les choses par leur nom, des émeutiers montant à l’assaut d’un commissariat en hurlant « Allahu akbar » sont des jihadistes, des soldats de l’islam théocratique au service de ses ambitions de conquête.

À l’origine de l’embrasement, une fake news de l’islamo-gauchisme

Quant aux évènements déclencheurs, rétablissons quelques faits. À La Courneuve il s’agit d’une rixe suivie d’interpellations, très vraisemblablement un règlement de compte sur fond des tensions qui parcourent actuellement les trafics de stupéfiants (difficultés d’approvisionnements, notamment via les filières maghrébines, et hausse des prix de 30 à 40%). 

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À Villeneuve-la-Garenne, le « pauvre jeune » (on lit toujours « jeune », comme pour suggérer qu’il serait trop jeune pour comprendre et donc irresponsable!) est en réalité un multirécidiviste de 30 ans, déjà condamné à 14 reprises pour extorsion, outrages, détentions de stupéfiants, peut-être aussi agression sexuelle d’après un syndicat de police, et en attente de jugement pour menaces de mort. Que faisait-il en liberté ?

Il roulait malgré le confinement, sans casque et largement en excès de vitesse. L’avocat du motard reproche aux policiers d’avoir « délibérément cherché, si ce n’est à faire tomber, a minima à gêner la progression » (selon l’AFP et le Courrier picard).

Mais encore heureux ! Gêner la progression était bien le seul moyen pour l’obliger à s’arrêter. 

Pas d’amalgame ?

Le contraste est éloquent entre ce à quoi la jeunesse radicalisée des banlieues de France réagit et ce à quoi elle ne réagit pas.

On constate dans cet épisode avec effroi que la fameuse « majorité silencieuse » dans les banlieues et dans la communauté musulmane, où qu’elle vive, est une majorité complice, complice des émeutiers, complice des barbares, complice des islamistes (je rappelle les cris devant le commissariat de la Meinau). D’un côté, la tiédeur prudente de cette communauté (malgré de méritoires mais trop rares exceptions) pour condamner les horreurs commises au nom de l’islam ou les crimes de droit commun perpétrés par des personnes « issues de la diversité », voire les pleurnicheries indécentes, l’obsession égocentrique du risque « d’amalgame » prenant le pas sur toute forme d’empathie envers les centaines de morts d’attentats et les milliers de victimes de vols, de violences, de viols. De l’autre côté, les réactions immédiates, massives et enflammées (dans tous les sens du terme) pour défendre un multirécidiviste se cassant une jambe en deux roues !

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Est-ce parce qu’une jambe cassée est jugée plus grave que tout le reste ? Bien sûr que non ! Lorsqu’un « jeune à scooter » qui faisait du rodéo dans sa cité percuta une fillette de 7 ans, il n’y eut pas la moindre mobilisation. C’est tout comme cette « communauté » réagissait toujours et exclusivement pour prendre la défense d’un de ses membres contre quelqu’un qui lui est extérieur, personne ou institution. Extérieur à la tribu ethno-raciale, ou extérieur à l’oumma*. Cet esprit clanique passe avant toute notion de morale, toute réflexion sur la réalité des faits, leur gravité ou les torts des uns ou des autres : l’appartenance à la communauté prime tout. Le reste n’est qu’habillage rhétorique pour marquer des points dans la compétition victimaire. Réflexe tribal primitif, incompatible avec la construction d’une pensée personnelle, le débat d’idées et l’exercice de la démocratie d’opinion, mais… conforme aux prescriptions islamiques.

Al Ghazâli, l’une des principales références du sunnisme actuel, écrivait au XIᵉ siècle : « Si un infidèle empêche, par l’action, un musulman (de faire quelque chose), c’est un acte d’autorité sur le musulman, ce qui constitue une humiliation pour ce dernier. Or le débauché mérite l’humiliation, mais non de la part de l’infidèle qui lui, la mérite à plus juste raison. » Bel enseignement selon lequel un musulman honnête devra prendre la défense d’un criminel musulman contre toute personne honnête mais non-musulmane !

Les médias et Christophe Castaner bien discrets

Et je souligne que l’attitude est exactement la même de la part de cette gauche régressive qui prend systématiquement fait et cause pour les mêmes communautés au mépris de la plus élémentaire analyse : « d’où parles-tu, camarade ? » est la seule chose qui compte à leurs yeux, et certaines catégories de population sont des victimes innocentes ontologiques, du moins tant qu’elles restent dans le rôle caricatural qui leur a été assigné, sans quoi elles deviennent donc les traîtres, « bougnoules de service » et autres « nègres de maison » évoqués plus haut.

Christophe Castaner, Ministre de l'Interieur français en visite à Angouleme, dans un "quartier de reconquete republicaine", le 6 septembre 2019 © Jean Michel Nossant/SIPA Numéro de reportage: 00922605_000042
Christophe Castaner, Ministre de l’Interieur français en visite à Angouleme, dans un « quartier de reconquete republicaine », le 6 septembre 2019 © Jean Michel Nossant/SIPA Numéro de reportage: 00922605_000042

Toujours sans surprise, la couverture médiatique des émeutes est minimale, riche d’euphémismes, entre « incidents sporadiques », « tensions » et autres « agissements de faible intensité. » Dans les rédactions on se donne le beau rôle: « ne pas attiser les haines », « ne pas stigmatiser ».

Quant au gouvernement, il réagit avec la même « détermination » qu’au début de l’épidémie de Covid-19, puisqu’à l’instant présent on est sans nouvelles de Christophe Castaner. Sans doute trois jours d’appels massifs à assassiner des policiers accompagnés d’attaques de commissariats dans plusieurs villes de France ne sont-ils pas jugés assez graves pour que le ministre de l’Intérieur daigne prendre la parole.

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Mais dormez tranquilles braves gens, les forces de l’ordre sont dévouées et armées. À moins que… ont-elles vraiment le droit d’utiliser leurs armes ? On sait les torrents d’injures et de menaces qu’a affrontés Zineb El Rhazoui lorsqu’elle a rappelé publiquement l’existence de la légitime défense pour les forces de l’ordre. Et les policiers, les gendarmes, les militaires, prendront-ils le risque d’être désavoués par des médias détachés du réel, des responsables politiques irresponsables, et condamnés par des juges militants ? Ibn Khaldoun a tout dit il y a longtemps sur les conséquences du divorce entre une masse qui ne regarde l’usage de la force qu’en se bouchant le nez, et ceux qui sont chargés de la protéger en utilisant la force si besoin. Et si vous voulez dormir encore moins tranquillement, intéressez-vous à ceci : les forces de l’ordre sont armées, mais les armes ont besoin de munitions. Cette France qui a soigneusement délocalisé sa production de masques et de médicaments, avec les conséquences que l’on connaît, qu’a-t-elle fait de sa production de munitions ?

Que nos dirigeants prennent garde : face à la pandémie, les initiatives locales ont heureusement pallié leur incurie pour fabriquer et distribuer des masques, ou rechercher un traitement. L’inaction des gouvernements face aux explosions de violence tribale et à la complaisance d’une trop grande partie de la magistrature aura tôt ou tard le même résultat : des initiatives locales prendront le relais. On appelle cela des milices. Il ne reste qu’à espérer que le Didier Raoult des forces de l’ordre qui concentrerait le premier la faveur populaire serait un authentique serviteur de la France, et non un arriviste sans scrupules !

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