La mise en place de l’application de tracing StopCovid a été approuvée ce mercredi soir par 338 voix contre 215 à l’Assemblée nationale. Le secrétaire d’État au numérique, Cédric O, déclare pouvoir la déployer dès la fin de la semaine… Pour justifier cette application qui menace les libertés, le ministre de la Santé Olivier Véran a affirmé devant les députés qu’« il nous faut contrôler par tous les moyens la résurgence de cette épidémie. » Dans cette tribune, le président du Parti Chrétien-Démocrate s’inquiète du dispositif, et invite les citoyens français à ne pas utiliser l’application.


Dans un contexte déjà lourd d’attaques graves contre nos libertés, le gouvernement d’Edouard Philippe entend franchir un cap supplémentaire en matière de restrictions des libertés fondamentales avec le déploiement de l’application StopCovid. Cette solution, supposée prévenir l’émergence d’une seconde vague épidémique, serait en réalité un remède pire que le mal par la gravité des atteintes aux libertés individuelles qu’elle implique nécessairement !

Certes, comme certains aiment à le seriner : « à grands maux, grands remèdes », et nous ne sommes pas opposés par principe à des mesures exceptionnelles en temps de crise mais celles-ci doivent être proportionnées et efficaces. Or, l’expérience nous montre que l’efficacité de ce type d’applications dans la lutte contre la diffusion épidémique est plus que douteuse. À Singapour, par exemple, où une application très proche de celle envisagée par le gouvernement français a été déployée, moins de 20% de la population y a recours.

En plus des sérieux doutes qui pèsent donc sur son efficacité, par sa nature même, cette application est inquiétante ! Quoi qu’anonymisées, les données recueillies par cette application sont particulièrement sensibles et personnes ne croit les autorités françaises capables aujourd’hui de lutter contre la puissance des acteurs du numérique américains ou chinois. D’ailleurs, le manque de transparence du gouvernement, malgré sa promesse de rendre publique l’ensemble du code qui supporte l’application, est une raison de plus de douter de sa bonne foi.

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En plus d’être inutile, l’application StopCovid est potentiellement dangereuse. Il n’y a aucune raison légitime d’en tolérer le déploiement en France, quand bien même celui-ci reposerait sur le volontariat. C’est même là la perversité de ce projet : installer cette application sur son téléphone ne se résume pas à un simple choix individuel, c’est une démarche qui implique l’ensemble de la société française dans la mesure où elle avalise un projet de surveillance généralisé. En définitive, seules deux choses peuvent expliquer la volonté du gouvernement de voir se diffuser l’usage de cette application : au mieux un effet de manche doublé d’une grande naïveté, au pire l’intention de faire entrer notre pays dans un système de capitalisme de surveillance dans lequel les libertés fondamentales sont réduites à des variables d’ajustement économiques.

Nous refusons strictement de voir advenir cette société du contrôle et nous appelons l’ensemble des Français à faire savoir au gouvernement leur opposition à ce projet délétère. Il n’est pas suffisant de refuser individuellement d’installer cette application, il faut en dénoncer le projet et la philosophie. C’est ce que le Parti Chrétien-Démocrate a décidé de mener en mettant en place plusieurs outils numériques #NONauStopCovid.

Jean-Frédéric Poisson © JFP
Jean-Frédéric Poisson © JFP

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