Quand Sibeth Ndiaye affirme tranquillement que le pays va devoir accueillir des mouvements « sans doute massifs de population » dans les prochaines années, ne faut-il pas s’en inquiéter?


Le 16 septembre 2019, le président de la République Emmanuel Macron a exhorté sa majorité à adopter une attitude moins laxiste vis-à-vis de l’immigration. Cependant, quasiment « en même temps », à l’issue du conseil des ministres du 18, Mme Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement, a déclaré : « Notre pays sera confronté dans les années à venir à des mouvements sans doute massifs de population. »

Cette phrase lourde de conséquences, et peut-être même de menaces, a provoqué beaucoup moins de réactions que la sortie de Mme Ndiaye sur le kebab si apprécié des Français.

On constate a posteriori la grande cohérence prospective de ces deux déclarations. Et on se demande pourquoi tant de gens à la langue et à la plume si bien pendues n’ont pas daigné réagir à une déclaration d’une telle tonitruance.

Inquiétante prophétie

La déclaration de la porte-parole du gouvernement semble indiquer que le gouvernement actuel a pris acte d’une évolution envisagée publiquement et avec sérénité par l’écrivain Léonora Miano ou constatée avec le cœur serré par l’homme de lettres Renaud Camus. Il apparaît bien que nos gouvernants impavides s’apprêtent à mettre en œuvre rapidement le Pacte mondial sur les migrations ou Pacte de Marrakech signé en décembre 2018.

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Tous les mots employés par Sibeth Ndiaye sont lourds de signification. « Les années qui viennent » indiquent aux citoyens français actuels qu’ils vont vivre ce changement sous peu. « Mouvements de populations » est une expression un peu plus vague mais ressemble à l’allemande « Völkerverwanderung », ou « Grandes Migrations », selon le point de vue germanique désigné plus volontiers sous le nom de « Grandes Invasions Barbares » par les peuples latins. Indiquons immédiatement que des centaines de milliers de personnes d’origine Nord-Africaine ou Sub-saharienne entrent chaque année en France pour ne plus en sortir. Par conséquent, si la porte-parole du gouvernement mentionne des « mouvements massifs », il est probable que dans son esprit nous changions d’échelle à l’avenir et que le gouvernement français s’apprête cette fois à accueillir des millions de personnes.

Les déclarations de Mme Ndiaye me conduisent dorénavant à tenter de me projeter mentalement dans ce que sera le territoire de la République française, l’ancien Royaume de France, dans les décennies qui viennent. Il est clair que la vie n’y sera plus tout à fait et dans certains endroits plus du tout, ce qu’elle a été durant les six décennies de mon existence. Certains vont nous assurer que ce sera si ce n’est beaucoup mieux en tout cas pas plus mal. D’autres, plus modérés, nous dirons sans doute que les choses changeront, mais à la marge seulement.

Nos responsables ont-ils le même intérêt sentimental pour la France que nous?

Pourtant, je ne puis m’empêcher d’être inquiet. Je ne demande pas à Mme Sibeth Ndiaye, qui est française depuis trois ans (et déjà au gouvernement !) d’avoir au cœur la même angoisse que moi. Cela lui est sûrement impossible. Notre personnel politique en est venu à remettre le sort de notre nation millénaire entre les mains de personnages que la caste nous présente comme excellents, mais dont l’intérêt sentimental à ce que nous perdurions est sans doute bien moins vif que chez la plupart de nos concitoyens.

Sans doute ne devrais-je pas faire un procès d’intention à Mme Ndiaye mais les précédents que constituent la nomination de Mme Emmanuelle Cosse comme ministre du Logement en 2016 après qu’elle avait appelé de ses vœux la dissolution de la France en 2013, ou celle de Mme Taubira comme Garde des Sceaux en 2012 malgré un long passé d’indépendantiste guyanaise m’enseignent que le patriotisme n’est pas un pré-requis minimal à l’entrée au gouvernement. Peut-être verrai-je un jour Jean-Guy Talamoni nommé à l’intérieur ?

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Pour en revenir à notre futur proche, et même en admettant que « tout se passe bien », si la culture et l’anthropologie existent, si elles remplissent des bibliothèques, il est probable que la France ne sera plus la même après les « mouvements massifs » évoqués. Les rapports des populations africaines à la liberté, à la science, à la philosophie, à la culture, au travail, à la famille, ou au cosmos pour estimables qu’ils soient, ne sont pas ceux de la plupart des habitants de l’Europe. Or, à l’époque du multiculturalisme échevelé, il ne saurait être question de contraindre qui que ce soit à infléchir son comportement ou sa mentalité, du moins si l’on se conforme aux mantras des chercheurs, enseignants, intellectuels et artistes qui peuplent les plateaux de télévision ou les studios de radio.

La PMA et les retraites, à côté…

Par ailleurs, il n’est pas garanti non plus que tout se passe bien à la suite de ces « mouvements massifs ». Loin s’en faut. En effet, et sans même avoir besoin de développer les possibilités évidentes de tension entre nouveaux venus et autochtones simplement dues à une différence de religion, de morale familiale, etc…, il faut reconnaître que les populations que la France s’apprête apparemment à accueillir n’ont pas des mœurs aussi pacifiques qu’il est d’usage de le dire dans les salons germano-Pratins (Ah ! le fameux pacifisme Hutu). En effet, le Mali, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Cameroun, le Tchad, la République Centrafricaine d’où viendront vraisemblablement les gros contingents de ces « mouvements massifs de populations » sont en proie ou ont été encore récemment le théâtre de guerres civiles ou d’affrontements ethniques sanglants. Cette situation n’est sans doute pas sans conséquences sur les mentalités des candidats à l’immigration qui pour être souvent des victimes sont aussi parfois des bourreaux. Dans une atmosphère indigéniste et décoloniale, la fameuse injonction de Sartre dans la préface des Damnés de la Terre de Frantz Fanon risquerait bien alors d’être mise en application à grande échelle sur le territoire de l’ancienne métropole cette fois.

On le voit, les sujets de préoccupations suscités par les déclarations de Mme Ndiaye ne manquent pas. Au lieu de cela, la majorité préfère parler de PMA, de privatisation d’aéroports ou de régime de retraite. C’est très bien. A propos de retraites, on peut mettre au point le plus juste des régimes mais ce qu’il restera aux retraités après impôts et taxes diverses ne manquera pas d’être substantiellement réduit en raison des besoins en logements, nourriture et soins de millions de nouveaux venus pour la plupart non formés et impréparés aux exigences de la vie dans une société technologique moderne. Qui s’en préoccupe ?

Pouvons-nous encore éviter ce qui pourrait devenir un véritable Armageddon français ? La fascination qu’exerce la personnalité d’Emmanuel Macron sur les élites, comme son discours bifide à base d’«en même temps », ont encore un effet anesthésiant sur nos concitoyens les plus diplômés. Les mots prononcés par Mme Sibeth Ndiaye ne semblent être, en réalité, que la traduction de ses propres aspirations ainsi que celles d’une partie de l’intelligentsia ayant hâte de modifier anthropologiquement la France et l’Europe. Ces aspirations avouées ou non doivent être prises au sérieux par les Français. Un sursaut de notre instinct de survie joint à un aggiornamento de nos relations à l’ONU, à l’Europe, et aux institutions multilatérales diverses dont les schémas de pensée sont en phase avec notre gouvernement est devenu urgent.

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