L’incendie de Lubrizol est surtout toxique pour… l’exécutif. A Rouen, les autorités sont prises au piège, pour excès d’écologisme !


Je l’ai senti venir. L’incendie de l’usine Lubrizol allait créer l’affolement. Je me doutais qu’en voulant calmer le jeu, les autorités allaient ouvrir la brèche par laquelle le vent de panique allait s’engouffrer. Il faut dire qu’elles avaient soigneusement préparé le terrain en reprenant sans nuances, depuis des années, toutes les élucubrations de l’écologisme.

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Ne s’apprêtaient-elles pas à fermer Fesseimhem ? N’avaient-elles pas renoncé aux recherches sur le nucléaire de quatrième génération? Face à une poignée de marginaux, n’avaient-elles pas toujours cédé : à Sivens, à Roybon, à Notre-Dame-des-Landes? N’avaient-elles pas interdit toute recherche sur le gaz de schiste ? N’avaient-elles pas mis fin au projet de montagne d’or en Guyane ? Si, elles l’avaient fait… Peu importe que le nucléaire fut une filière française d’excellence, que les risques étaient maîtrisés. Peu importe l’échec de l’Allemagne, championne des renouvelables et ennemie de l’atome. Peu importe que les retenues d’eau artificielles auraient pu abreuver les cultures lors des sécheresses. Peu importe que les habitants de Guyane s’enfonçaient dans le chômage, la misère et la drogue. Peu importe que des milliers d’ornithologues amateurs déferlaient sur des carrières réhabilitées devenues paradis des oiseaux. Peu importe que le gaz d’outre atlantique rentrait dans les ports français par tankers entiers.

Nos dirigeants ont préparé la peur

Contre toute attente et par un manque prodigieux de discernement, elles avaient légitimé par leurs paroles et leurs actes les analyses les plus simplistes et passé leur temps à conforter les peurs. En interdisant le glyphosate dont les agences sanitaires du monde entier prouvaient l’innocuité, la peur de la moindre « trace » de pesticide. En menant la plus risquée des transitions énergétiques contre toute rationalité économique et sociale, la peur panique du gaz carbonique. En resserrant les normes automobiles comme on demande à une anorexique de perdre du poids, la peur d’un air devenu poison. Sur ces sujets, jamais elles n’avaient souhaité calmer le jeu, elles n’avaient semblé prôner la mesure et la tempérance. Elles avaient même déroulé le tapis rouge à une enfant dont la bouche était pleine de paroles insensées.

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Bref, elles avaient alimenté un feu, ce feu qui sous leurs yeux est en train de se transformer en gigantesque incendie. Maintenant, leurs Canadairs peuvent bien essayer d’apaiser les esprits, ils sont aussi brûlants que des réacteurs de Tchernobyl en fusion.

Le doute et l’anxiété assaillent le citoyen pour qui les paroles rassurantes sont autant de confirmations du danger. Les pompiers ont malgré eux revêtu les attributs des pyromanes…
Je le sens venir le temps de la paralysie où tous nouveaux projets d’installation d’usines ou d’infrastructures créeront de telles oppositions qu’ils ne verront jamais le jour. Je le sens venir le temps du déclassement où les seules exploitations agricoles qui persisteront seront des fermes pédagogiques où l’on se rend pour caresser les chèvres, où pour toutes manufactures, ne restera que les ateliers de rempaillage et les brasseries où l’on s’abreuve de bières artisanales… Si l’on a encore le courage de boire ! C’est le cauchemar du « Pot au lait », le rêve inversé de Perrette. La fermière n’avait presque rien, mais rêvait de presque tout. Elle comptait sur son lait, sur l’argent qu’il allait rapporter, et, de proche en proche, sur ce quotidien qui allait s’améliorer. Nous avons presque tout, et nous allons nous retrouver, de proche en proche, avec presque rien. « Adieu veau, vache, cochon, couvée » !

Pour regagner la vue claire, Il faut quitter le nuage où nous enferme l’idéalisme écologiste. Sinon, le cauchemar deviendra réalité et nous n’aurons plus que le pot au lait pour pleurer.

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