Mario Draghi a capitulé. Le 22 janvier, cédant aux sirènes des marchés financiers des deux côtés de l’Atlantique, il a, emboîtant le pas à la Banque d’Angleterre, à la Réserve fédérale et à la Banque du Japon, annoncé son programme de Quantitative Easing, c’est-à-dire le rachat programmé d’obligations publiques et privées de la zone euro, étalé sur dix-huit mois, pour un montant total de 1 160 milliards d’euros.

La personnalité de Mario Draghi est controversée depuis sa participation à la première falsification des comptes de l’État grec, il y a quinze ans, lorsqu’il dirigeait la filiale européenne de Goldman Sachs. Ce mensonge avait alors permis à Athènes d’accéder à cette nouvelle terre de Canaan figurée par la zone euro. Il ne faudrait pas pour autant prendre notre homme pour un joueur de bonneteau. Sa capacité technique, précisément acquise chez Goldman Sachs, en a fait un orfèvre des marchés, de leurs techniques et de leur psychologie. Et son action à la direction de la Banque centrale européenne, à partir de la fin 2011, en pleine crise des pays de la zone Sud, a permis de voir tout ce qui séparait un homme de l’art du butor qui l’avait précédé. Le crédit des États, des banques et des entreprises des pays en détresse s’est rétabli, la perspective d’un défaut définitif s’est éloignée, et, avec elle, celle d’un éclatement de la zone monétaire.

*Image : Soleil.