Sipa. Numéro de reportage : 00748563_000037.

Antoine Rivaroli, alias Rivarol, à qui nous devons le célèbre et magnifique Discours sur l’universalité de la langue française, était aussi journaliste. Sans doute inspirés par ce prestigieux modèle, les journalistes actuels se sentent tenus de prendre parti dans les débats concernant la pédagogie du français.

SOS COD en détresse!

Qu’il serait bon d’effectuer quelques menues modifications dans les nomenclatures de la grammaire scolaire, je ne le nie pas. Si on me demandait mon avis, je dirais qu’il faudrait veiller à ce que le complément d’attribution ne cohabite plus avec le COI/COS comme s’il s’agissait de notions distinctes alors que celles-ci ont remplacé celle-là. Et qu’il serait temps que l’on cessât de considérer « donc » comme une conjonction de coordination alors qu’il fonctionne comme un adverbe. Toucher au COD ne me semble pas indispensable, même s’il est vrai qu’on devrait prendre garde au choix des exemples, qui prête parfois à confusion. « La bouchère pèse le poulet » ? COD. Mais « le poulet pèse deux kilos » ? Pas COD. Je ne vais pas développer ici mais je tiens à dire que les problèmes d’étiquetage des notions, dont tout le monde se gausse ces temps-ci, ne sont pas de purs artifices gratuits. L’enjeu est de rendre compte au plus près de la perception que nous avons du fonctionnement de notre langue, de ce qu’on appelle le sentiment de langue. Il n’y a rien de plus naturel que la grammaire : dans son essence, elle n’est pas normative, mais descriptive. Elle est la science qui prend pour objet la structuration de notre pensée. La vision du monde qui constitue comme l’inconscient commun d’un peuple est profondément inscrite dans sa grammaire.

Qui n’est pas sensible au caractère mystique de la grammaire pourrait l’être un peu plus à son aspect utilitaire. En effet, on n’a pas besoin de savoir ce qu’est un COD pour parler correctement le français. Ni l’anglais d’ailleurs. Mais imaginez que vous souhaitiez apprendre une langue flexionnelle… « Le latin et le grec, c’est fini, ma pôv dame ! » Oh je sais. Mais je pensais à la belle langue de Goethe et de Tokio Hotel, de Rammstein, Schiller et Angela Merkel.

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