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Pour sauver la planète, il faudrait sans doute supprimer des humains (et en tout cas les empêcher de procréer)

C’est la théorie mortifère professée par Antoine Bueno, écolo-frénétique

Pour sauver la planète, il faudrait sans doute supprimer des humains (et en tout cas les empêcher de procréer)
New Delhi, Inde. Unsplash.

Antoine Bueno, essayiste prospectiviste persuadé que les bébés trucident la planète, propose un permis de procréer. Benoît Rayski préfère encore s’en amuser.


Le débat qui opposait Antoine Bueno à Fabrice Hadjadj, philosophe catholique bien que juif, est à découvrir dans Le Figaro. Lisez-le et vous verrez de quel côté se trouvent la lumière et l’intelligence.

Antoine Bueno estime que la surpopulation menace la survie de la planète. En 2022, argumente-t-il, nous avons atteint le stade ultime au-delà duquel la nature ne se renouvelle pas. Que faire alors des nouveaux arrivants qui menacent la belle, hélas non plus virginale, Gaïa ? Supprimer les nouveaux nés de 2022 ! Ils sont de trop sur notre Terre déjà bien encombrée!

Si les Ricains n’étaient pas là…

Bien sûr, Antoine Bueno ne va pas jusque-là. Mais c’est dans l’aboutissement logique de son raisonnement. « Si tous les humains vivaient comme des Américains », écrit-il, « la planète ne pourrait pas supporter plus d’un milliard d’humains » !

A relire: Natalité: le basculement en cartes et en chiffres

Fort heureusement, il y a le continent africain. Certes, on fait là-bas beaucoup d’enfants. Mais nombre d’entre eux meurent en bas âge, faute de soins et d’hygiène. Voilà qui est bien. Quant aux adultes africains, ils meurent aussi par centaines de milliers de différents virus et du Sida. C’est bien aussi. Et c’est ainsi que l’homme africain est entré par la voie royale dans l’histoire du sauvetage de la planète.

Suivons encore le raisonnement d’Antoine Bueno, qui présente le défaut de ne pas remonter assez loin dans le passé.

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Du temps des dinosaures, la déesse de la Terre, Gaïa, respirait encore la joie de vivre. Puis, ça s’est gâté avec l’arrivée des grands singes qui bouffaient les feuilles des arbres qui nous protégeaient du CO2. Avec l’Homo erectus et l’Homo sapiens, ça a été un massacre. Une déforestation massive pour faire du feu, construire des navires et bâtir des maisons. Mais Antoine Bueno est un modéré. Il ne souhaite évidemment la mort de personne : il veut juste qu’on limite les naissances.

Permis de déconner: pas de Kinder, Bueno!

C’est pourquoi il propose qu’on instaure « un permis de procréer ». Imaginez la scène. Un mâle en rut traîne sa compagne vers sa couche, et elle lui dit : « Tu as ton permis de procréer, chéri ? ». De quoi vous couper l’envie, et rendre les plus robustes impuissants ! Reste à savoir qui délivrera les « permis de procréer ». Si c’est Antoine Bueno, l’onanisme a de beaux jours devant lui…

Fabrice Hadjadj a eu le dernier mot : faudra-t-il faire l’amour avec le dernier rapport du GIEC dans le lit ? Il est vrai qu’il est le père d’une famille nombreuse, ce qui fait de lui un assassin en puissance.

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est journaliste et essayiste

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