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Pas mieux avant, pire maintenant !

Les fiascos, au sens large et selon des gravités différentes, constituent notre quotidien.

Pas mieux avant, pire maintenant !
Philippe Bilger, le 17/03/14 / PHOTO: BALKAR/FREGE MARC/SIPA / 00825580_000065

Face aux déboires des autorités publiques, on nous répète que les gouvernements précédents ne valaient pas mieux. Pourtant, la liste des scandales et des catastrophes ne cesse de s’allonger.


Mon titre renvoie aux banalités qu’on m’inflige quand je mets en cause, sur divers plans, le pouvoir mis en place et qu’on m’objecte qu’avant ce n’était pas mieux.

Pourtant il me semble que le macronisme est pire et qu’en plus il est arrogant, ce qui renforce la détestation de son incompétence ou de son impuissance.

Si on a droit à un peu de dérision, quand le président de la République confie au ministre de l’Intérieur la charge de représenter la France à l’ouverture de la Coupe du monde au Qatar, on est sûr pour une fois que sa parole sera suivie d’effet et que Gérald Darmanin accomplira correctement sa mission. Cela n’a pas été si fréquent qu’on ait eu cette double satisfaction : il faut donc en profiter.

À bien évaluer ce qui ce passe en France depuis la réélection d’Emmanuel Macron et la majorité relative de Renaissance à l’Assemblée nationale, j’ose affirmer que nous sommes dans une chienlit soft ou ostentatoire et que plus aucun domaine n’échappe au pessimisme civique.

Dans les débats médiatiques, quand l’actualité impose des catastrophes, des meurtres, des trafics de drogue, des violences contre la police et la gendarmerie, des attaques de maires et d’élus, des empoignades parlementaires et des grossièretés politiques comme sujets, je me résous difficilement à les traiter comme si on les découvrait alors que chaque jour ils surgissent, indignent ou désespèrent.

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Au point que, sans forcer le trait, je ne suis pas malhonnête si je considère que les fiascos, au sens large et selon des gravités différentes, constituent notre quotidien et le bilan de ce début de second quinquennat – soyons indulgents à l’égard du premier qui est derrière nous – alors que la normalité à tous points de vue est l’exception.

Il serait trop facile et quasiment sadique de rappeler les incuries, les défaillances et les humiliations qui ont parfois ridiculisé l’image nationale à l’étranger mais aussi et surtout la France elle-même dans la conception fière et noble qu’elle aspire à avoir d’elle-même.

Je ne fais pas l’impasse sur tout ce dont le pouvoir n’est pas directement responsable même s’il est évident que ses retards, ses lacunes, son manque d’anticipation, sa bonne volonté certes se conjuguant avec une absence totale de professionnalisme, ont amplifié les conséquences négatives et accru l’angoisse des citoyens.

En vrac, Lola, le scandale des OQTF si peu et si mal exécutées, de ces déboutés du droit d’asile demeurant tranquillement dans notre pays, de ces crimes commis par des transgresseurs qui n’auraient plus dû être chez nous, de ces mineurs isolés, peut-être isolés mais sans doute guère mineurs, perpétrant vols, violences mais appelant de la part de certains une compassion délétère, du Stade de France, de la Belgique et de l’imam Iquioussen se moquant de nos autorités régaliennes et se permettant de nous donner des leçons, de l’humanitarisme dévoyé de l’Ocean Viking où il n’est pas un Français, à l’exception de nos gouvernants, qui n’avait pas prévu le pire qui est survenu – mineurs disparus, migrants relâchés -, justice débordée, pouvoir conspué seulement capable de s’en prendre à l’Italie, triste et déplorable concentré de la méthode du Président et de ses ministres : une action uniquement verbale, c’est la faute des autres et nous sommes cependant les meilleurs !

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Le président de la République, par ailleurs, recase avec vigilance ses soutiens comme il le leur avait promis. Par exemple Christophe Castaner va cumuler Marseille et le tunnel du Mont-Blanc en vertu de cette règle indécente que tout désaveu par le peuple entraîne des bénéfices politiques et de carrière. On me rétorque que tous les prédécesseurs d’Emmanuel Macron ont agi de la même manière. La différence est qu’ils ne s’en vantaient pas alors que notre président a exposé crûment sa philosophie clientéliste et qu’il l’a rendue maximale.

Les Français sont-ils dupes ? Je ne crois pas. La meilleure des preuves en est, sur le plan démocratique, la dévaluation radicale de la parole publique et le fait révélateur qu’une multitude de ministres stagnent dans un anonymat dont leurs actions, si elles existent, ne les font pas sortir.

Alors on voudra bien me pardonner mon entêtement : ce n’était pas mieux avant mais c’est pire maintenant !

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Magistrat honoraire, président de l'Institut de la parole, chroniqueur à CNews et à Sud Radio.

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