Napoléon vs Astérix, l’empereur glabre contre le Gaulois moustachu : la confrontation est moins incongrue qu’il y paraît au premier abord, puisqu’elle permet de constater qu’en France, les héros populaires se suivent mais ne se ressemblent pas – la foule adorant, à un siècle et demi de distance, deux personnages antithétiques. Napoléon, d’un côté, personnifie avec un génie monstrueux l’Empire dont les frontières sont destinées à reculer à l’infini. Sur son cheval, il est l’esprit de l’Histoire pour Hegel, le reflet de la divinité pour le Médecin de campagne de Balzac et, pour tout le monde, l’incarnation même du Progrès – c’est-à-dire de ce qui constitue proprement le mythe de ce XIXe siècle où chacun communie dans une même foi en la perfectibilité des choses et des hommes. Si la foule d’alors vénère Napoléon, ce n’est pas comme proscrit, mais parce qu’il symbolise un temps où la France pouvait se prendre pour le monde.

*Photo : wiki commons.

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