Trois ans presque jour pour jour après sa mort, Michel Déon reste une ombre agissante. François Jonquères lui consacre un essai.


« Je suis un pessimiste heureux » disait Michel Déon (1919-2016), le dernier des Hussards, dont l’œuvre illustre un mixte de courage et de santé, de même qu’un très sûr dégoût pour toute forme d’imposture ou d’avilissement.

Sa mort à près de cent ans a laissé ses amis inconsolables, et surtout ces cadets – j’en suis – qui ont eu la chance d’être lus et commentés avec autant de bienveillance que d’attention.

L’un d’eux, l’avocat et écrivain François Jonquères (né en 1967), a manifesté sa piété dans ses livres, où Déon apparaît, mais aussi par la création du Prix littéraire des Hussards, en compagnie, entre autres, de Christian Millau, l’auteur d’un magnifique essai, Le Galop des Hussards.

François Jonquères nous livre, dans la collection d’opuscules numériques Duetto, une émouvante lettre d’adieu à son maître et ami. Truffée d’allusions à l’œuvre, connue sur le bout des doigts par ce déonien d’honneur, mais aussi de souvenirs et de confidences, ce Michel Déon évoque Chardonne et Morand, Joyce (Déon possédait une vaste collection d’éditions d’Ulysse, à ses yeux le roman le plus important du XXème siècle) et bien sûr Stendhal, dont il avait lu dix fois La Chartreuse de Parme et Lucien Leuwen.

Lors d’une rencontre à Paris quelques années avant sa mort, Déon m’avait parlé d’un grand roman inachevé sur la Révolution française qu’il gardait dans un tiroir de l’Old Rectory à Tynagh, County of Galway. François Jonquères a vu et même parcouru Port-Amen.

Puisse ce manuscrit paraître un jour prochain, fût-il inachevé, hélas ! posthume, comme le Lamiel de Stendhal !

François Jonquères, Michel Déon, Duetto.

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