Emmanuelle Ménard, députée de l’Hérault, et son mari Robert Ménard, maire de Béziers, se confient sur leur façon de faire de la politique en duo. Et si la « méthode Ménard » avait un destin national?


Comment vous êtes-vous rencontrés ?

Emmanuelle Ménard : On s’est rencontré en Afrique où on a vraiment travaillé ensemble quelque jours à l’occasion d’un sommet sur la Francophonie à Bamako au Mali. Mais on a eu quelques rencontres professionnelles avant.

Robert Ménard : Ce qui est malheureux, c’est que je me suis comporté comme une espèce de goujat, que je peux être facilement, entrant dans le bureau d’Emmanuelle n’ayant pas un regard pour elle alors que c’est une jolie femme et je m’étais contenté de m’asseoir sur son bureau prendre le téléphone et appeler, ce qui est évidemment une entrée en matière assez désagréable, elle me l’a reprochée plus tard. Et une autre fois chez un ministre de la Coopération où tu t’es permis de me couper ce qui me paraît insupportable encore aujourd’hui.

E.M : J’avais eu l’outrecuidance de le couper devant un ministre en plus.

R.M : Ça s’était plutôt mal passé (rires). À Bamako tu t’étais comporté pareil, je déteste qu’on me tutoie et Emmanuelle m’avait tapé sur l’épaule…

E.M : J’avais pris un malin plaisir en plus.

R.M : Là, elle m’a tapé sur l’épaule en me disant « Comment vas-tu ? » J’avais trouvé ça d’une désinvolture insupportable. Mais bon après ça, on s’est embrassé quatre jours après. Après un premier refus, je t’ai embrassée dans l’avion du retour. Comme quoi on peut changer en quatre jours. Puis après on a travaillé tout de suite ensemble parce que ça s’est mal passé avec ton employeur de l’époque…

E.M : À cause de toi !

R.M : Oui à cause de moi.. Après, on a écrit un livre ensemble à ce moment-là.

E.M : C’est là qu’on a sorti La censure des bien-pensants. J’ai d’abord parlé à mon employeur de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) que j’écrivais ce livre avec toi et ça n’avait pas posé de souci jusqu’à sa parution.

R.M : Comme toujours, ça nous a valu des emmerdements. Moi à Reporter Sans Frontières (RSF) ce n’était pas un problème j’étais le patron donc je gérais facilement ça mais à la FIDH, ça c’était mal passé.. Et après, on n’a pas cessé de travailler ensemble. Les gens disent que ça sépare, que c’est compliqué de mener une vie amoureuse et de travail mais en nous regardant je trouve que ça réussit plutôt bien. Il me semble (rires)


Retrouvez la suite sur REACnROLL

Lire la suite