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Méchants médecins

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© D.R.

À l’heure des réseaux sociaux, on s’épanche sans aucune pudeur…


Jusqu’où peut-on s’épancher sur les réseaux sociaux ? Fin avril, une matinalière de RMC a fait une fausse couche. C’est évidemment très triste. Sans aucune pudeur, elle témoigne sur Instagram. Se couchant tôt un vendredi soir, elle connaît un réveil difficile le lendemain : « J’ai senti que quelque chose avait changé. Quand j’ai soulevé la couette, j’ai vu du sang, beaucoup de sang sur mon pyjama blanc. Pendant deux jours, j’ai continué à perdre du sang. Je savais que c’était fini. » Pour s’en assurer, elle décide de se rendre aux urgences le lundi suivant.

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À l’accueil des urgences on lui demande sa carte Vitale et la raison de sa venue : « J’étais enceinte et ne le suis plus. » Elle est prise en charge par un infirmier qui prend sa tension et sa température, puis est reçue par une interne qui l’amène en salle d’auscultation. L’échographie confirme ses craintes. Quand on lui demande de rester pour attendre le résultat d’un autre test, elle préfère rentrer. Mais ce que la journaliste juge inacceptable, c’est qu’aucune des trois personnes de l’hôpital ne lui ait demandé comment elle allait. Aussi affirme-t-elle qu’elle a écrit ce « texte intime » car elle veut que plus jamais « un médecin n’oublie de demander à sa patiente comment elle va. » Passons sur l’absence totale de considération et de reconnaissance pour des urgentistes occupés à affronter le Covid ou à sauver des vies.

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Au-delà de l’aspect désolant de cette exposition d’une expérience intime, constatons que par le prisme des réseaux sociaux, le ressenti intérieur de chacun est sacralisé et prétend devenir une réalité objective absolue. Les médecins n’ont pas eu envers la journaliste les égards auxquels est habitué son petit cocon intérieur ? Cela signifie qu’il y a un immense problème à régler. Autrefois, les réacs trouvaient un peu vulgaires les belles âmes qui les chapitraient sur les petits enfants souffrant de la faim ou de la guerre dans le monde. Comment qualifier aujourd’hui ce genre de confidences ? Tout le monde ne partage pas cet avis. Sur Instagram, plus de 10 000 internautes sont venus lui apporter leur soutien sous le témoignage. Une vraie thérapie de groupe !


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Rédacteur en chef du site Causeur.fr

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