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Élections régionales: le marteau et la faucille recyclés

La gauche est morte, vive la gauche!

Élections régionales: le marteau et la faucille recyclés
Laurence Trochu © JOEL SAGET / AFP

Une tribune libre de Laurence Trochu, présidente du Mouvement Conservateur


Depuis 2017, nous assistons à l’agonie de la gauche républicaine. Abandonnée par le peuple, puis par ses militants, la gauche a vendu Solférino en même temps qu’elle a assisté, impuissante, à la déstructuration du « Parti » : plus de cartes, plus de congrès, plus de figure emblématique. Depuis, à chaque élection, elle se cache derrière l’étiquette « Divers gauche » et la rose s’est fanée. Abandonnant ses idéaux de progrès, de laïcité, d’égalité sociale, dont la seule évocation des noms suffisait à décliner son identité heureuse, c’est elle qui a déserté le peuple, lequel l’a vécu comme une trahison.

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Certains de ses représentants appellent à un sursaut pour ne pas « basculer dans un autre monde » comme le déclare Carole Delga, Présidente sortante de la Région Occitanie à propos de Jean-Luc Mélenchon. En Auvergne-Rhône-Alpes, Pays de la Loire et Ile-de-France, se nouent en effet de scandaleuses alliances pour ressusciter la gauche plurielle, faisant disparaître le cordon sanitaire qui tenait à distance l’extrême-gauche. Ensemble, elles imposent déjà depuis longtemps un climat de révolution permanente en absolutisant la race, la religion, le genre, l’ethnie. L’armée des Social Justice Warriors est sur tous les fronts des réunions en non-mixité, tour à tour interdites aux hommes, aux blancs et surtout aux hommes blancs ! « Cela nous mène tout droit au fascisme », affirmait le Ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer. En réalité, cela n’est pas très éloigné d’un totalitarisme intrinsèque au communisme. Les « illusionnistes illusionnés qui ont bâti le mirage du communisme » et dont François Furet analyse la passion révolutionnaire ont pourtant du sang sur les mains : « Fils de la guerre, bolchevisme et fascisme tiennent d’elle ce qu’ils ont d’élémentaire. Ils transportent dans la politique l’apprentissage reçu dans les tranchées : l’habitude de la violence, la simplicité des passions extrêmes, la soumission de l’individu au collectif, enfin l’amertume des sacrifices inutiles ou trahis ».

Qu’importe les 80 millions de morts des crimes commis par les régimes communistes ! Pour gagner une région, la gauche n’a pas les états d’âme de la droite face au Rassemblement National : la France Insoumise lui tend la faucille et les Verts plantent le drapeau de la bonne conscience écologiste, se recyclant ainsi à peu de frais. En Ile-de-France, ils font tout sauter et ils le disent – avec violence évidemment – en image, une image indécemment récupérée d’un attentat meurtrier en Syrie. Le poids des maux, le choc d’une photo.

Trois régions à conserver pour les protéger du saccage de l’extrême gauche 

Durant ces semaines d’une campagne inhabituelle dans ses modalités, le Mouvement Conservateur, avec son organisation structurée, ses troupes et une indéniable constance dans ses positions, a fédéré la droite conservatrice pour soutenir activement les candidats qui ont su tenir à distance la majorité présidentielle et intégrer les dynamiques conservateurs de leur région. 

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Auvergne-Rhône-Alpes, Pays de Loire, Ile-de-France, les contextes sont différents, les stratégies tout autant et la représentation des conservateurs également. Dans le match qui oppose aujourd’hui trois présidents sortants à de dangereuses alliances autour de l’extrême gauche, les abstentionnistes ont un rôle capital. Quand deux électeurs sur trois ne votent pas, ce n’est pas le fruit du hasard, la faute des beaux jours ou du cours d’aquaponey. L’abstention ne traduit pas un désintérêt mais une colère. Elle est devenue le vote sanction de ceux qui ne se sentent pas représentés et ne supportent pas le jeu trouble des accords de coulisses.  

Dimanche, 31 millions d’abstentionnistes doivent revenir dans l’isoloir. Ils ont la capacité de tout changer. Parmi eux, des conservateurs responsables qui ne veulent pas voir leur pays sombrer dans le totalitarisme rouge et vert. Mais aussi, des conservateurs qui interrogent : de quoi la droite de demain voudra-t-elle être le nom ? Cette dernière question sonne comme un avertissement et un appel urgent au réveil d’une droite qui ne se contente pas d’être une non-gauche.  


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Présidente du Mouvement Conservateur Sens Commun, membre du Bureau politique Les Républicains, Conseiller départemental des Yvelines.

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