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Lisa Balavoine étrenne son premier roman

Lisa Balavoine étrenne son premier roman
Lisa Balavoine. © Delphine Jouandeau

Lisa Balavoine, c’est un peu Sophie Calle qui rencontre Jackie Quartz. C’est une belle fille qui ne fait pas ses quarante ans, maman rock’n roll, coeur d’artichaut, un peu artiste l’air de rien. Son premier roman n’en est pas un. Éparse, comme son nom l’indique, est une collection d’objets trouvés – trouvés en elle-même par l’auteur, trouvés sur le chemin de l’existence forcément chaotique – et éparpillés sur la page. Un style tantôt brutal, sans ponctuation, sans liens, toujours juste, enrobe le tout. Il est vrai qu’il est difficile de se tromper sur l’amour. Se tromper en amour, en revanche, c’est plus courant.

Sans début, milieu, ni fin

Lisa Balavoine raconte son enfance, ses enfants, son divorce, le père de ses enfants, ses amants, sa musique, sa tristesse, la mort, ses parents, comme on regarderait de vieilles photos sorties d’une boîte à chaussures cabossée. La version contemporaine des projections de diapositives. On en retrouve d’ailleurs l’esprit sur son compte Instagram. Vintage, mais pas tant que ça.

Pour une fois, dans le paysage littéraire actuel, il n’y a pas de début, de milieu ni de fin. Pas de « je suis née le », « il m’est arrivé cette horrible chose », « mais finalement tout va bien ». À la place, il y a des listes, de ce qu’on trouve autour d’un lavabo, de ce qu’elle remarque au premier coup d’oeil chez son amant, des définitions de mots inventés, des fragments de confessions, des paroles d’enfants, cruelles et tendres, des regrets, de l’humour : « Je me sens aussi séduisante qu’une aire d’autoroute. »

Mini-jupe en cuir et brushing fait la veille

Son écriture porte du rouge à lèvres, une mini-jupe en cuir et un brushing fait la veille. Elle est soignée, un peu rebelle, un peu mère-poule. Elle dit avoir toujours dix-sept ans dans sa tête, et on la croit sans peine : elle écoute les vinyles de Siouxie and the Banshees, New Order, Sonic Youth et Blondie, et quand ça ne va pas, Joy Division.

Lisa, sad Lisa, fière de son prénom qui était une exception dans les années 80, parvient à rendre pour tous ce qui la touche au plus profond. Je suis trop jeune pour me prononcer, mais sans doute que tous les garçons et les filles de son âge s’y reconnaîtront. Quant à moi, j’ai souvent pensé, en lisant Éparse, qu’à quarante ans, j’aimerais ressembler à Lisa Balavoine.

Lisa Balavoine, Éparse, Éditions JC Lattès.

Éparse

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étudie la sophistique de Protagoras à Heidegger. Elle a publié début 2015 un récit chez L'Editeur, Une Liaison dangereuse.

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